Croissance : Moody's table sur 0,5% en 2014

Le logo de Moody's, l'agence de notation financière qui a estimélundi 4 août 2014 que la France devrait manquer ses objectifs budgétaires en 2014 et 2015 [Joel Saget / AFP/Archives] Le logo de Moody's, l'agence de notation financière qui a estimélundi 4 août 2014 que la France devrait manquer ses objectifs budgétaires en 2014 et 2015 [Joel Saget / AFP/Archives]

L'agence de notation Moody's Investors Service a revu une nouvelle fois à la baisse sa prévision de croissance pour la France lundi, après la toute dernière modification des objectifs gouvernementaux.

 

L'agence, qui avait abaissé à 0,6% sa prévision de croissance du produit intérieur brut pour 2014 pas plus tard que lundi dernier, l'a de nouveau modifiée une semaine plus tard en la ramenant à 0,5%.

Pour 2015, Moody's n'attend plus qu'une progression de 0,9%, contre 1,3% auparavant.

 

Prévisions à la baisse

Dans une tribune publiée par le Monde, le ministre des Finances Michel Sapin a annoncé jeudi qu'il révisait sa prévision de croissance à 0,5% pour cette année, contre 1% auparavant, après la publication par l'Insee d'une croissance zéro au deuxième trimestre.

Confronté de plus à une inflation plus faible que prévu, le ministre a prévenu que le déficit public dépasserait 4% du PIB cette année, au lieu des 3,8% espérés.

 

Le programme fiscal compromis ?

"Ces difficultés dans la mise en place du programme fiscal pluriannuel du gouvernement, et la probabilité croissante qu'il ne pourra pas être respecté, constituent un signe négatif pour la dette française", écrit l'agence dans sa note hebdomadaire.

"Le déficit public et les révisions [des prévisions] illustrent les défis persistants auxquels la zone euro fait face, et constitue un nouveau test pour l'union monétaire, et pour la volonté politique d'imposer une discipline fiscale dans un contexte économique difficile", ajoute l'agence.

 

La demande en berne

Moody's met en avant la faible croissance de la demande française au deuxième trimestre (0,2%), mais estime que la contraction des dépenses d'investissement de 1,1% est "particulièrement négative pour le potentiel de croissance futur du pays".

Tout en reconnaissant les "initiatives" politiques du gouvernement, l'agence juge que "des rigidités anciennes sur les marchés (particulièrement les barrières à l'entrée dans de nombreuses industries de services, comme les services juridiques) ainsi que des règlementations coûteuses pour les entreprises ont aussi tiré vers le bas les prévisions de croissance du pays".

 

L'impératif des 3%

Moody's affirme aussi que la décision du gouvernement de ne pas prendre de nouvelles mesures pour respecter les 3% européens va mettre en cause de façon "significative" les mécanismes de surveillance fiscaux européens et la gouvernance européenne.

Le Premier ministre Manuel Valls a déclaré dans le Journal du dimanche qu'il était "hors de question" de changer de politique face à la panne de la croissance, jugeant même "irresponsables" ceux qui appellent à une autre stratégie.

 

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