Une rentrée sur fond de déboires économiques

François Hollande et Manuel Valls le 15 août 2014 au Fort de Bregançon [Bertrand Langlois / Pool/AFP/Archives] François Hollande et Manuel Valls le 15 août 2014 au Fort de Bregançon [Bertrand Langlois / Pool/AFP/Archives]

C'est la rentrée du gouvernement mercredi avec un Conseil des ministres consacré notamment à la situation économique, alors que tous les indicateurs sont au rouge et que s'accentue la pression sur le duo Hollande-Valls, pressé de trouver des solutions à la crise dans laquelle s'enfonce le pays

 

Le Premier ministre avait préparé le 1er août les esprits à une rentrée "difficile en matière de conjoncture économique". Le chômage qui perdure et les chiffres de l'Insee d'une croissance nulle au premier semestre ont confirmé ses prédictions.

Dès lors, sur le plan budgétaire, le gouvernement travaille à trouver des mesures fiscales visant à redonner du pouvoir d'achat aux ménages les plus modestes, après le rejet par le Conseil constitutionnel d'une mesure sociale phare du pacte de responsabilité - l'allègement de cotisations salariales de 2,5 milliards d'euros dont auraient dû profiter les foyers modestes l'an prochain.

Il s'agit de présenter une mesure alternative, "de même ampleur concernant les mêmes publics", selon les termes de Christian Eckert, secrétaire d'Etat au Budget. La prime pour l'emploi (PPE) , le RSA activité, l'impôt sur le revenu, via un système de décote, ou encore les seuils d'exonération de la taxe d'habitation sont les pistes citées à Bercy, qui reste sceptique face à une autre option évoquée par Matignon, celle d'une action à travers la contribution sociale généralisée (CSG).

Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, à son arrivée au Palais d'Iena le 8 juillet 2014 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives]
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Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, à son arrivée au Palais d'Iena le 8 juillet 2014 à Paris

Le budget 2015 est également en préparation, avec une autre mesure fiscale pour les ménages modestes (ceux-au dessus du Smic) plus importante que celle déjà consentie pour les revenus 2013 et qui a bénéficié, selon une information du site leMonde.fr mardi, à 4,2 millions de ménages, soit plus que les 3 prévus.

Interrogé sur ces différentes pistes mardi, l'Elysée a botté en touche : "le président travaille sur tous les sujets de la rentrée, dans la continuité de sa réunion de travail de vendredi" dernier au Fort de Brégançon avec le Premier ministre. Les deux hommes ont déjeuné mardi midi à l'Elysée et Michel Sapin, le ministre des Finances, a été reçu dans l'après-midi.

- Confiance en berne -

 

Des mesures de soutien à l'investissement, à la construction, la question des professions réglementées et l'apprentissage sont également à l'étude.

Face aux sombres perspectives de croissance et aux difficultés à tenir les engagements en matière de déficits, le gouvernement a choisi de maintenir le cap de sa politique économique, en dépit des critiques auxquelles il fait face, y compris au sein de la majorité.

En revanche, il se trouve contraint d'obtenir, au moins une flexibilité, sinon une réforme des règles budgétaires auprès de l'Union européenne. François Hollande espère rallier à sa cause les dirigeants européens sociaux-démocrates d'ici au sommet du 30 août, mais Berlin a déjà décliné.

Le Conseil des ministres doit aussi aborder la situation internationale,qui a beaucoup occupé François Hollande pendant la trêve du mois d'août, avec le conflit à Gaza, l'avancée des jihadistes en Irak et l'escalade des violences en Ukraine.

Dans la foulée du conseil, le président François Hollande s'envolera pour une tournée dans l'océan Indien (Réunion, Mayotte, Comores) qui mêlera dossiers économiques, sociaux et internationaux.

Pour sa part, Manuel Valls, comme il en a institué l'usage, recevra jeudi à Matignon l'ensemble de son gouvernement à 11H00 pour une réunion suivie d'un déjeuner.

Comme François Hollande, le Premier ministre aura fort à faire pour regagner la confiance des Français : plus de huit citoyens sur 10 n'ont plus confiance en l’exécutif pour combattre efficacement un chômage record, relancer la croissance et réduire les déficits, selon un sondage Ifop publié dans le Journal du dimanche.

 

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