Ouverture grandiose pour le Festival Berlioz avec 1.000 musiciens

L'usine-pensionnat Girodon de Saint-Siméon de Bressieux où a eu lieu le concert d'ouverture du festival Berlioz de la Côte Saint-André en Isère le 21 aout 2014, photo du 31 juillet 2014  [Philippe Desmazes / AFP] L'usine-pensionnat Girodon de Saint-Siméon de Bressieux où a eu lieu le concert d'ouverture du festival Berlioz de la Côte Saint-André en Isère le 21 aout 2014, photo du 31 juillet 2014 [Philippe Desmazes / AFP]

Près de 1.000 musiciens et choristes se sont retrouvés sous l'immense verrière de l'usine-pensionnat Girodon de Saint-Siméon-de-Bressieux jeudi, pour interpréter "Le Concert Monstre" en ouverture du Festival Berlioz de la Côté-Saint-André en Isère.

Les musiciens de L'Orchestre Symphonique de Mulhouse et l'Orchestre des Pays de Savoie ont accompagné les chanteurs professionnels du chœur Emelthée, tous âgés de moins de trente ans, et plusieurs centaines d'amateurs venus de toute la région, dirigés par Marie-Laure Tessèdre.

"Ce +concert monstre+ nous a demandé une grande organisation, mais je suis de toute façon moins fou que Berlioz", lance Bruno Messina, le directeur visiblement ravi du succès de ce premier jour de festival. De fait ce concert n'a été donné qu'une seule fois, à Paris, en 1844, dirigé par Berlioz lui-même à l'occasion du Festival de l'Industrie, ancêtre des expositions coloniales et universelles.

Quelque 5.000 personnes - un chiffre record - venues passer l'après-midi autour de cette ancienne manufacture textile, ont assisté à ce concert dirigé par le chef Nicolas Chalvin. Et qui s'est achevé par une vibrante Marseillaise entonnée par les musiciens, les choristes et les spectateurs.

En tout 13 œuvres ont été interprétées, dont trois de Berlioz, toutes choisies par le compositeur lui même, qui a inclus des pièces qu'il aimait de Beethoven, Gluck ou Mendelssohn. "La +play-list+ d'Hector Berlioz", résume Bruno Messina.

"C'est un vrai challenge", reconnaît Nicolas Chalvin, "mais c'est un plaisir de voir une vraie communion entre les professionnels et les amateurs".

- 'Effet de masse' -

Percussionniste professionnel, venu en renfort de Genève, Nicolas Curti s'est dit "très impressionné par le nombre de musiciens sur scène" et "ravi de pouvoir travailler avec des amateurs". Caroline Gonnet, choriste amateur, est "épatée par le bâtiment et son acoustique". "On se casse nous-mêmes les oreilles", reconnaît cette femme qui s'est retrouvée là après avoir répondu à une petite annonce du quotidien régional, Le Dauphiné Libéré.

Musiciens et choristes amateurs semblaient décontractés avant le concert misant sur "l'effet de masse" pour corriger les possibles imperfections.

"Il y a des gens qui font des heures et des heures de route pour voir Johnny, et ici ils se déplacent pour Berlioz", se réjouit le directeur du festival.

La foule, qui a attendue debout plusieurs heures "comme pour un concert rock", est très mélangée pour ce concert inaugural, comme l'a voulu le Conseil général de l'Isère qui finance le festival.

Fidèle de ce rendez-vous annuel, André Vallini, ancien président du Conseil Général de l'Isère et actuel secrétaire d’État à la Réforme territoriale, a loué les qualités de Bruno Messina qui a "toujours eu des idées géniales". "Aujourd'hui plus que jamais le Festival revêt un caractère culturel et populaire", s'est-il félicité.

Les festivaliers louaient tous la qualité de la musique et de l'acoustique, mais regrettaient l'heure du concert, "17 heures c'est quand même tôt pour les gens qui travaillent". Un écran géant permettait à nombre d'entre eux de suivre le concert à l'extérieur, mais plusieurs se plaignaient de "l'inconfort" d'avoir à tenir debout plus de deux heures. Les organisateurs pour leur part disaient avoir été dépassés par le succès de cette journée.

Pour un prix d'entrée modique de 10 euros, les festivaliers ont pu déambuler autour de ce site industriel aujourd'hui classé, à l’acoustique étonnante, et se distraire grâce à des animations rappelant la vie quotidienne et industrielle du XIXe siècle.

Un "bal américain" au son de musique des Cajuns de la Louisiane et un feu d'artifice ont conclu cette journée exceptionnelle qui s'est déroulée sous un grand ciel bleu.

Le festival continue jusqu'au 31 août avec de nombreux concerts dans divers lieux de la petite ville de La Cote-Saint-André qui vit naître Berlioz en 1803.

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