Dans l'avion de l'exil vers la France, des réfugiés chrétiens irakiens parlent

Des réfugiés irakiens chrétiens à leur arrivée à Paris le 21 aout 2014, accueillis par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius [Joel Saget / AFP] Des réfugiés irakiens chrétiens à leur arrivée à Paris le 21 aout 2014, accueillis par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius [Joel Saget / AFP]

Dans l'avion de l'exil qui les conduit jeudi en France, pour un voyage sans retour, deux réfugiés chrétiens d'Irak racontent la peur, la terreur, les menaces qu'ils ont fuies, avec l'avance vers leurs villes des jihadistes de l'Etat islamique.

"Bien avant leur arrivée, j'avais reçu trois menaces directes, sur mon téléphone portable", dit à une journaliste de l'AFP René, la cinquantaine, qui n'accepte de révéler que son prénom. "Il y a huit ans, j'avais déjà dû quitter Mossoul, où nous les chrétiens n'étions plus en sécurité, pour me réfugier à Qaraqosh (la plus grande ville chrétienne d'Irak, dans le nord)", raconte l'homme dans un bon français.

"Quand ils sont arrivés aux portes de la ville, nous sommes partis pour Erbil, où nous avons été accueillis par le gouvernement kurde, qu'il en soit remercié", dit-il. "Les jihadistes violent les femmes, les filles, kidnappent les gens, c'est très dur. On a des amis, des musulmans, qui sont très gentils, mais eux on ne sait pas pourquoi ils font ça. Parce qu'on est chrétiens, c'est tout."

A son arrivée à Paris, une réfugiée irakienne téléphone à un proche, le 21 aout 2014 [Joel Saget / AFP]
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A son arrivée à Paris, une réfugiée irakienne téléphone à un proche, le 21 aout 2014

"Il y a beaucoup de chrétiens qui veulent venir en France ou en Europe, parce que c'est impossible de vivre avec les gens qui nous haïssent. Nous sommes humiliés, persécutés, on ne peut plus vivre comme ça", déclare René.

"On va recommencer à zéro, c'est dur mais ce sera mieux pour nous que de vivre toujours dans les menaces, l'insécurité, toujours, à Qaraqosh, à Mossoul, en Irak."

- "Nous avons tout perdu" -

Rajhad, professeur d'anglais de 31 ans, refuse elle aussi de donner son nom de famille. Comme René, elle a fui en panique l'avance vers Qaraqosh, laissant derrière elle ses diplômes, ses souvenirs, toute sa vie.

"Déjà en 2005, à l'université de Mossoul, ils m'avaient menacée et obligée à porter le voile, parce que c'était le ramadan. Je l'ai porté pendant deux semaines, si je ne l'avais pas fait ils m'auraient tuée", explique-t-elle.

"La France est notre dernière chance, nous n'avons plus rien, plus de maison, plus de travail, nous avons tout perdu. J'étais professeur, d'anglais, désormais je ne suis plus rien."

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