Le gouvernement Valls II annoncé dans la journée

Manuel Valls et François Hollande le 25 août 2014 sur le perron de l'Elysée à Paris   [Dominique Faget / AFP] Manuel Valls et François Hollande le 25 août 2014 sur le perron de l'Elysée à Paris [Dominique Faget / AFP]

Purgée de ses trublions, la nouvelle équipe de Manuel Valls sera annoncée mardi dans la journée, après la violente crise gouvernementale marquée par les départs d'Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti et Benoît Hamon, en désaccord avec la politique "austéritaire" du chef de l'Etat.

 

Moins de cinq mois après la nomination de M. Valls à Matignon, les deux têtes de l'exécutif ont en effet décidé de trancher dans le vif, lundi, le désaccord entre la ligne officielle - restaurer la compétitivité du pays en aidant les entreprises et en coupant dans les dépenses publiques - et la ligne alternative portée par les exclus, hostiles à "la réduction à marche forcée des déficits publics".

Destiné à imposer leur autorité, ce geste survient alors que François Hollande, mais aussi Manuel Valls, sont impopulaires auprès de la majorité des Français, selon les sondages, sur fond de marasme économique persistant: une croissance à l'arrêt au premier semestre et un chômage au plus haut.

Valls I aura été l'un des gouvernements de la Ve République à la vie la plus courte, exception faite de ceux formés entre des élections présidentielle et législative. Ni Manuel Valls ni François Hollande ne se sont encore exprimés sur la crise au sommet de l'Etat, aussi violente que soudaine.

Selon l'Elysée, le choix d'une démission de l'ensemble du gouvernement, plutôt que d'un remaniement limité, "visait à s'assurer que le nouveau s'inscrirait totalement et réellement dans la cohérence de la ligne fixée par le chef de l’État". Trois portefeuilles importants au moins changeront de titulaire: Economie, Education nationale, Culture, détenus jusqu'ici par Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti.

Montage de photos de Benoît Hamon et Arnaud Montebourg lors des journaux télévisés de 20 heures le 25 août 2014 à Paris [Bertrand Guay , Thomas Samson / AFP]
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Montage de photos de Benoît Hamon et Arnaud Montebourg lors des journaux télévisés de 20 heures le 25 août 2014 à Paris

Pour vérifier cette cohérence, le Premier ministre a reçu un à un à Matignon les ministres démissionnaires. Reçu pendant une heure lundi matin par le chef de l’État, Manuel Valls a rencontré une seconde fois François Hollande en début de soirée.

Après l'acte d'autorité posé par le tandem exécutif, la logique voudrait que la gauche du PS, et plus largement le mouvement des "frondeurs", parmi lesquels des proches de Martine Aubry, ne soient pas représentés au gouvernement. Autant dire que la majorité parlementaire du gouvernement risque de s'effriter dangereusement. "Je reste dans la majorité", a toutefois affirmé Benoît Hamon sur France 2.

 

- Sans les écolos, avec les radicaux -

Selon le député Carlos Da Silva, Manuel Valls, dont il est proche, "n'est pas dans l'idée d'un rétrécissement de la majorité" mais dans celui d'un "rassemblement très, très large".

Sauf coup de théâtre, les écologistes d'EELV ne seront pas présents en tant que tels dans le gouvernement Valls II. Pour leur numéro un Emmanuelle Cosse, "les conditions sont encore moins réunies aujourd'hui qu'en avril", et d'ailleurs, a-t-elle dit, "on ne nous a pas proposé" d'en faire partie, a-t-elle également précisé.

Comme dans l'équipe précédente, où ils avaient trois représentants, seuls les radicaux de gauche du PRG devraient rester associés à l'action gouvernementale.

A l'Assemblée nationale, le groupe PS et apparentés compte 290 députés, celui du PRG et apparentés, 15, alors que la majorité absolue est de 289.

Selon une source gouvernementale, Matignon "cherche des noms pour remplacer Christiane Taubira" à la Justice. Le nom de Bertrand Delanoë, l'ex-maire de Paris, circule, comme à chaque remaniement. Le ministre du Travail François Rebsamen a dit "souhaiter" rester à son poste.

Conformément à la Constitution, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, élus députés en 2012, retrouveront leur siège à l'Assemblée. Mais ce ne sera pas le cas d'Arnaud Montebourg, qui ne s'était pas présenté à la députation.

Représentant, avec Benoît Hamon, la caution de gauche du gouvernement, Arnaud Montebourg, 51 ans, s'est refusé à présenter son départ du gouvernement comme une éviction. Il s'agit selon lui de "reprendre (sa) liberté". "Je vais retourner travailler parmi les Français, comme eux (...) et je continuerai à défendre (...) ce que je crois être juste pour la France", a-t-il dit.

Dimanche, sur "ses" terres de Frangy-en-Bresse, il avait reconnu avoir demandé à François Hollande une "inflexion majeure de notre politique économique", après avoir, samedi, demandé de "hausser le ton" vis-à-vis de l'Allemagne, quand le chef de l'Etat, mercredi, lui, déclarait ne pas vouloir de "face-à-face" avec Berlin.

Dimanche soir, l'entourage de Manuel Valls avait jugé que M. Montebourg avait "franchi une ligne jaune".

Plusieurs responsables politiques de tous bords ont envisagé lundi une dissolution en réponse à la crise gouvernementale, telle la présidente du Front National, Marine Le Pen.

 

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