Fabius défend la "cohérence" de la politique économique menée

Laurent Fabius le 23 aout 2014 à Caen [Charly Triballeau / AFP/Archives] Laurent Fabius le 23 aout 2014 à Caen [Charly Triballeau / AFP/Archives]

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a justifié mercredi le remaniement au nom de la "cohérence" de la politique économique menée, qu'il a vigoureusement défendue, écartant notamment hausse de salaires ou de prestations sociales au nom de la lutte contre les déficits.

"Nous avons choisi, sur le plan économique interne, de faire des réformes de structures. Nous allons bouger sur le logement, car le logement aujourd'hui est bloqué, nous allons bouger en matière de transition énergétique, de simplification et d'allègement de l'Etat. Et puis nous demandons à l'Europe, qui en a un peu sous le pied, de relancer l'investissement et la demande extérieure", a déclaré M. Fabius sur Europe 1.

Pour l'ancien Premier ministre, "le problème de la France est que nous avons trois déficits. Un déficit de croissance puisque nous n'arrivons pas réduire le chômage (...). Un déficit budgétaire, que ce soit des collectivités locales, de l’État ou de la Sécurité sociale. Et nous avons un déficit commercial qui est peut-être le plus grave de tous parce qu'il montre que notre compétitivité n'est pas suffisante."

Face à ce triple problème, "il y a des solutions que nous prenons et d'autres que nous écartons", a développé M. Fabius. Parmi les solutions écartées, "augmenter massivement les salaires: ce serait bon pour le pouvoir d'achat, mais comme l'offre en France ne permet pas de répondre à la demande, on va avoir un déficit commercial beaucoup plus grand". Est également écartée l'hypothèse "d'augmenter les prestations sociales: c'est satisfaisant pour le pouvoir d'achat mais à ce moment-là, on augmente le déficit budgétaire".

"Le but de ce remaniement gouvernemental, c'est la cohésion et la cohérence", a expliqué M. Fabius. "La cohésion, c'est que l'expression soit unie" car "les difficultés sont grandes si les discours sont contradictoires". Et "la cohérence, c'est le choix de la politique et notamment de la politique économique", a-t-il expliqué en référence à Arnaud Montebourg, remplacé à Bercy par Emmanuel Macron.

Ce dernier, ancien conseiller économique de François Hollande très décrié à gauche pour son profil social-libéral, est "un homme compétent, un homme qui croit à ses idées. Il connaît bien l’État. Je suis sûr qu'il va faire un bon travail", a assuré Laurent Fabius.

 

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