France: rentrée du gouvernement Valls II avec un symbole, Emmanuel Macron

Vue générale du conseil des ministres du gouvernement Valls II, à l'Elysée le 27 août 2014 [Fred Dufour / Pool/AFP] Vue générale du conseil des ministres du gouvernement Valls II, à l'Elysée le 27 août 2014 [Fred Dufour / Pool/AFP]

Le gouvernement Valls II, purgé de l'aile gauche du PS, a plongé dans le vif du sujet mercredi avec un premier Conseil des ministres marqué par le soutien ostensible du chef de l'Etat français au nouveau détenteur du portefeuille de l'Economie, Emmanuel Macron.

Avant les deux autres rendez-vous majeurs de la journée - Manuel Valls devant le Medef et l'annonce des chiffres du chômage - François Hollande a offert l'image du jour: une poignée de main sur le perron de l'Elysée avec les deux maîtres de Bercy, l'ex-banquier d'affaires Emmanuel Macron et le ministre des Finances, Michel Sapin. Le tandem était déjà arrivé bras dessus bras dessous au palais présidentiel.

Le message est clair: il n'y a désormais qu'une ligne, sociale-libérale, la seule possible aux yeux du Premier ministre, clairement revendiquée par l'exécutif après le limogeage du trublion Arnaud Montebourg et son remplacement par Emmanuel Macron.

"Cohérence, cohésion, clarté: trois mots d'ordre pour ce premier Conseil des ministres. Faisons avancer la France ! MV", a tweeté le chef du gouvernement. Et le chef de l'Etat a enfoncé le clou, exhortant ses ministres à ne pas "jouer individuel".

La mission du gouvernement sera de "répondre aux préoccupations des Français - emploi, logement, sécurité, services publics - mais aussi la réduction des déficits qui doit être compatible avec la croissance", a poursuivi François Hollande, enchaînant: "le gouvernement a un cap, c'est celui du redressement du pays dans la justice pour avoir aussi une économie forte".

Un "cap", une "ligne", le pacte de responsabilité, et une "méthode", celle "de la cohérence, de la solidarité", le gouvernement Valls II a été dûment chapitré par François Hollande. Plus de débats sur la place publique et des décisions "rapides", il s'agit de restaurer "la confiance entre nous et les Français", la "clé" du succès, a-t-il insisté.

Le doigt sur la couture du pantalon, la ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a proclamé qu'un "exécutif exécute".

"Restaurer la confiance" : c'est aussi la mission que s'est assignée Emmanuel Macron - qualifié par Le Parisien de "Mozart social-libéral" - lors de sa passation de pouvoir avec Arnaud Montebourg. M. Macron a promis au passage de parler "d'une voix unique" avec Michel Sapin.

- Frondeurs en colère -

La nomination de M. Macron a fait hurler les frondeurs PS: "provocation dérisoire" pour Laurent Baumel, "un financier à l'industrie", s'est indigné Jean-Marc Germain.

M. Valls avait ironisé sur ces "étiquettes surannées et dépassées" dès mardi soir. "Et alors ? On ne peut pas dans ce pays être entrepreneur, banquier, commerçant, artisan ?", s'était-il étonné.

Quant au président du Medef, Pierre Gattaz, il attend "les faits et les mesures" avant de se prononcer sur la "Macron-économie" même si, selon lui, le ministre "a trois atouts": il connaît "l'entreprise, l'économie de marché et la mondialisation".

Quant à Najat Vallaud-Belkacem, 36 ans, devenue mardi "la" première ministre de l'Education nationale, elle est déjà une cible de choix de l'opposition. Luc Chatel (UMP) a rappelé la difficile expérimentation des ABCD de l'égalité expérimentés à l'école sous son impulsion lorsqu'elle était ministre des Droits des femmes.

Prévue de longue date, la visite du Premier ministre à l'université d'été du Medef mercredi après-midi prend une importance particulière au moment où la gauche du PS juge la politique gouvernementale trop favorable au patronat et trop timide sur les "contreparties" exigées en échange des fortes baisses du coût du travail.

Mais la prochaine grande haie pour le Premier ministre sera de garantir sa majorité à l'Assemblée, déjà fragilisée pendant ses trois premiers mois à Matignon par une "fronde" d'un groupe mouvant de quelques dizaines de députés socialistes.

"La majorité, elle sera là, il ne peut pas en être autrement", a-t-il assuré mardi soir sur France 2, annonçant qu'il se soumettrait à un vote de confiance de l'Assemblée "en septembre ou en octobre".

Le chef du gouvernement, qui a promis d'annoncer jeudi des mesures pour relancer la construction de logements en pleine sinistrose, fait face à une opinion toujours plus impatiente devant l'absence de résultats. Or, sur le front du chômage, les chiffres de juillet attendus mercredi à 18H00 "ne peuvent pas être bons, ils seront négatifs", a-t-il déjà reconnu.

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