Premier Conseil des ministres pour Valls II et sa "seule ligne" économique

Manuel Valls arrivant à Matignon le 26 aout 2014 [Thomas Samson / AFP] Manuel Valls arrivant à Matignon le 26 aout 2014 [Thomas Samson / AFP]

Le gouvernement "Valls II" se réunit ce mercredi pour son premier Conseil des ministres, purgé de l'aile gauche du PS pour assumer la "ligne" social-libérale voulue par un exécutif en panne de résultats, notamment sur le front du chômage, avec de nouveaux mauvais chiffres attendus en fin de journée.

Cette ligne économique, la seule possible aux yeux du Premier ministre Manuel Valls, le duo exécutif a choisi de l'afficher clairement par le remplacement du contestataire Arnaud Montebourg par Emmanuel Macron, ancien banquier d'affaires chez Rothschild et jusqu'en juin proche conseiller de François Hollande.

Cette nomination a d'ailleurs aussitôt fait hurler l'aile gauche socialiste, qui a dénoncé pêle-mêle une "provocation dérisoire" ou l'arrivée d'"un financier à l'industrie" selon respectivement les députés frondeurs Laurent Baumel et Jean-Marc Germain.

Les ministres seront au total 33 -deux de plus que la précédente équipe- dont six nouveaux membres (deux ministres et quatre secrétaires d'Etat), à se réunir à 10H00 à l'Elysée pour le Conseil hebdomadaire, après les traditionnelles passations de pouvoir.

Deux femmes signent les plus belles promotions, avec Najat Vallaud-Belkacem, 36 ans, qui devient "la" première ministre de l'Education nationale et Fleur Pellerin, son aînée de quatre ans, nommée ministre de la Culture.

Exit Montebourg coupable d'avoir franchi la "ligne jaune" en contestant trop la ligne économique du gouvernement, ainsi que Hamon (Education), Filippetti (Culture) mais aussi Cuvillier (Transport), démissionnaires.

Purgée de son aile gauche contestataire, la nouvelle équipe a la lourde tâche de sortir l'exécutif de l'une des crises politiques les plus profondes de la Ve République mais aussi du mandat de François Hollande depuis l'affaire Cahuzac.

Les velléités du tandem Hollande-Valls d'élargir la composition politique de la nouvelle équipe (17 hommes et 16 femmes) ont toutefois fait long feu: les conditions n'étaient "pas réunies" pour un retour au gouvernement, selon le chef de file des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé, lui-même pressenti. Les radicaux de gauche restent à bord à leurs précédents trois postes (dont celui de Sylvia Pinel au Logement).

- Valls devant le Medef -

François Hollande avait demandé un casting incarnant "une clarté de la ligne". De fait, prévient Manuel Valls, s'il y a de la place pour "un véritable débat" au sein du gouvernement, il n'y a qu'"une seule ligne" possible, celle d'une politique "qui est la bonne", a-t-il soutenu, en se targuant de l'"acte d'autorité" nécessaire pour évincer Arnaud Montebourg.

Il a défendu la nomination de M. Macron, dénonçant des critiques et des "étiquettes surannées et dépassées" à l'encontre du jeune ministre. "Et alors, on peut pas dans ce pays être entrepreneur, banquier, commerçant, artisan?", s'est-il étonné.

Prévue de longue date, la visite du Premier ministre à l'université d'été du Medef mercredi après-midi prend du même coup une importance particulière. Et ce au moment où la gauche du PS juge la politique gouvernementale trop favorable au patronat et trop timide sur les "contreparties" exigées en échange des fortes baisses du coût du travail accordées par l'exécutif.

Manuel Valls y prononcera un "discours de mobilisation nationale", a indiqué son entourage à l'AFP. Le Premier ministre devra également faire face à son parti, qui se réunit ce week-end pour son université d'été de la Rochelle.

Mais la prochaine grande haie pour le Premier ministre sera désormais de garantir sa majorité à l'Assemblée, déjà fragilisée pendant ses trois premiers mois à Matignon par une "fronde" d'un groupe mouvant de quelques dizaines de députés socialistes.

- Mauvais chiffres du chômage -

"La majorité, elle sera là, il ne peut pas en être autrement", a assuré le Premier ministre sur France 2, annonçant qu'il se soumettrait à un vote de confiance de l'Assemblée "en septembre ou en octobre".

"Si la majorité n'était pas au rendez-vous, ce serait fini, nous ne pourrions pas poursuivre notre oeuvre". Une dissolution ? "Je ne l'imagine pas", a rétorqué Manuel Valls.

Le Premier ministre, qui a promis d'annoncer jeudi des mesures pour relancer la construction de logements en pleine sinistrose, se retrouve aussi devant une opinion toujours plus impatiente de résultats.

Notamment sur le front du chômage, avec les statistiques de juillet annoncées mercredi à 18H00. Des chiffres, qui "ne peuvent pas être bons, ils seront négatifs", a reconnu M. Valls, alors que la France reste sur huit mois de hausse consécutive du chômage et avait atteint en juin un record de 3,398 millions demandeurs d'emploi sans activité en métropole.

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