L'émotion de la mère de Christelle Blétry

Marie-Rose Blétry, mère de Christelle, l'une des "disparues de l'A6".[THIERRY ZOCCOLAN / AFP]

"J'ai toujours gardé espoir" et "j'espère un peu de sérénité": très émue et en larmes, Marie-Rose Blétry, mère de Christelle, assassinée en 1996, s'est exprimée vendredi après l'arrestation du meurtrier présumé de sa fille.

 

Lors d'une conférence de presse à Blanzy (Saône-et-Loire), Mme Blétry a reconnu qu'elle s'était "toujours battue" pour retrouver l'assassin de sa fille tuée de 123 coups de couteau, alors qu'elle rentrait chez elle après une soirée avec des amis.

"C'est un combat qui peut être long", a-t-elle ajouté, en se disant "anéantie par cette nouvelle qu'(elle) espérai(t) tant".

Devant elle, une vingtaine de membres de l'association Christelle, principalement les mères des autres "disparues de l'A6", des jeunes femmes tuées ou disparues dans la région dans les années 80 et 90, qui l'écoutaient tout aussi émues. Habillées de noir, elles étaient arrivées plus tôt dans la salle pour étreindre, tour à tour.

"On est venu soutenir Marie-Rose, on se soutient nous-mêmes ensemble, on fait bloc. C'est le but de l'association", a déclaré à l'AFP Yvette Thiellon, dont la fille avait été retrouvée assassinée dans la Saône à Mâcon, le 5 juin 1999.

Un ouvrier agricole de 56 ans a été écroué jeudi après avoir reconnu le meurtre de Christelle, confondu près de 18 ans plus tard par son ADN retrouvé sur les vêtements de sa victime.

"Le temps peut être un atout pour résoudre une affaire criminelle", a déclaré Me Didier Seban, avocat de l'association, qui a rendu hommage à la ténacité des enquêteurs actuellement sur le dossier. "Cela n'a pas toujours été le cas", a-t-il ajouté, en encourageant les familles de victimes à "médiatiser" leur combat et à "se regrouper en association" pour que les affaires ne soient pas trop vite classées.

Pour Me Corinne Hermann, autre conseil de l'association Christelle, il faut faire preuve d'"acharnement". Evoquant les nouvelles expertises des scellés obtenues cette année, "ce sont des demandes tous les ans, plusieurs fois par an (...) et c'est ensuite un peu de lobbying auprès des juges, des enquêteurs parfois", a-t-elle expliqué.

"Il faut espérer qu'on va aboutir pour tous les autres dossiers", a pour sa part souhaité la mère de Christelle Blétry, avant de se recueillir devant la stèle à la mémoire des disparues avec les membres de l'association.

 

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