Menace jihadiste : la France dans le viseur

Un militaire patrouille dans le cadre du plan Vigipirate Un militaire patrouille dans le cadre du plan Vigipirate devant la Tour Eiffel, à Paris.[JOEL SAGET / AFP]

La menace d’exécution qui pesait hier soir sur un Français confirme que notre pays est devenu une cible privilégiée des jihadistes de Daesh.

 

Le macabre compte à rebours touchait hier à sa fin. Le pessimisme était de mise sur le sort de l’otage français Hervé Gourdel, que le groupe jihadiste algérien Jund al-Khilafah (Les soldats du Califat) avait menacé d’exécution dans les 24 heures si la France ne mettait pas fin à sa participation à la coalition internationale contre Daesh en Irak.

Cette prise d’otage vient confirmer que la menace représentée par le groupe jihadiste n’est désormais plus limitée à l’Irak et à la Syrie. Les jihadistes algériens ont en effet appliqué à la lettre l’appel lancé le matin même aux jihadistes du monde entier par Daesh, incitant à s’en prendre aux Occidentaux, et plus particulièrement à nos ressortissants.

 

Des attaques difficiles à anticiper

Visée directement pour la première fois, la France doit désormais vivre sous la menace du groupe jihadiste, que ce soit sur son territoire ou à l’étranger. "Il existe des risques de prises d’otages dans de nombreux pays. Malheureusement, la France compte des expatriés partout et constitue ainsi une cible facile", explique François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’Iris.

La plus grande crainte concerne toute­fois la possibilité d’attaques sur le sol français. Si la menace n’est pas nouvelle – al-Qaida avait déjà menacé la France – sa nature a changé.

L’appel de Daesh pourrait inciter des individus à mener des attaques terroristes isolées, sur le modèle de Mohamed Merah en mars 2012. "Daesh a donné sa bénédiction théologique à tous ceux qui voudraient devenir des héros des moudjahidines en tuant n’importe qui. Il joue sur le phénomène des loups solitaires", explique François-Bernard Huyghe.

Contrairement à al-Qaida dans les années 2000, qui visait des symboles et dont les opérations nécessitaient des moyens et une organisation complexe, les actions prônées par Daesh sont à la portée de tout un chacun. Et elles sont beaucoup plus difficiles à anticiper pour les services de contre-terrorisme.

 

Vers une aggravation du conflit

Ces menaces qui pèsent contre la France devraient s’inscrire dans la durée. Car l’intensification des opérations de la coalition internationale contre Daesh fournira dans les mois à venir de nouveaux prétextes aux jihadistes pour menacer les Occidentaux.

Pour la première fois, les Américains ont mené hier des frappes en Syrie, tuant au moins 120 jihadistes. Et si la France n’a pas participé à celles-ci, elle joue un rôle actif dans la lutte contre le mouvement jihadiste en Irak. Samedi dernier, deux avions Rafale ont survolé les positions jihadistes à la recherche de cibles.

Hier, Manuel Valls a rappelé que le gouvernement ne céderait pas au chantage et que les opérations se poursuivraient : "La France est une grande nation qui assume totalement ses responsabilités."Elle devrait ainsi continuer à participer à l’intervention contre Daesh.

Que ce soit par de nouvelles prises d’otages ou par des actions terroristes, la France restera une cible majeure

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