Drapeaux en berne et rassemblements en hommage à Hervé Gourdel

Hervé Gourdel.[Family Handout/AFP]

Drapeaux en berne, rassemblements dans plusieurs villes, manifestation des "musulmans et de leurs amis": des hommages sont organisés vendredi en France en mémoire d'Hervé Gourdel, otage exécuté par des jihadistes ralliés à l'organisation Etat islamique (EI).

 

Paris, qui a renforcé les dispositifs de sécurité dans les lieux publics, notamment les transports, les grands magasins et les centres commerciaux, continue parallèlement son action en Irak où elle a mené jeudi de nouvelles frappes contre ce groupe.

Dans une démarche peu fréquente, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Dalil Boubakeur a appelé ses coreligionnaires à se rassembler à 14H45 devant la Mosquée de Paris pour dénoncer "l'horreur barbare et sanguinaire des terroristes" de l'EI.

De leur côté, des personnalités musulmanes signent une tribune dans Le Figaro de vendredi proclamant leur solidarité avec les victimes de l'organisation Etat islamique (EI) et affirmant en réponse aux menaces jihadistes: "nous sommes aussi de +sales Français+".

EI avait lancé lundi un appel aux musulmans à tuer les "incroyants" et "en particulier les méchants et sales Français", deux jours avant que l'otage français ne soit décapité.

Parmi les signataires de cette tribune figurent notamment le recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, le directeur de la publication de l'hebdomadaire Jeune Afrique, Marwane Ben Yahmed, ou encore la sénatrice socialiste Bariza Khiari.

Au lendemain d'un premier hommage à Saint-Martin-Vésubie, dans l'arrière-pays niçois, où 800 personnes ont défilé dans le silence jusqu'au bureau des guides fondé par Hervé Gourdel, des rassemblements sont prévus devant plusieurs mairies, comme à Villeurbanne, Vannes ou Rezé, en présence d'élus.

Un autre appel à se réunir à Paris et dans plusieurs villes (Nantes, Lyon, Montpellier, Aix-en-Provence...) a été relayé sur les réseaux sociaux, sans qu'il soit possible d'identifier les organisateurs.

La famille d'Hervé Gourdel a souhaité que les rassemblements se déroulent "dans la dignité et la retenue". "Nous ne tolérerons pas les paroles haineuses, provocatrices et politiques, qu'elles viennent de n'importe quel bord. Nous ne souhaitons pas de prise de parole d'élus", a-t-elle dit.

Ses proches insistent sur les passions de cet homme "ouvert" pour l'escalade, la montagne et le Maghreb, qui l'ont conduit dans le parc national du Djurdjura en Kabylie (est de l'Algérie), devenu sanctuaire de groupes islamistes.

C'est là qu'il a été enlevé dimanche par le groupe Jund al-Khilafa, lié à l'EI. Dans une vidéo mise en ligne mercredi, ses ravisseurs ont montré sa décapitation.

Face aux menaces, François Hollande a présidé jeudi un conseil de défense, à l'issue duquel il a été décidé que la France "intensifierait son soutien aux forces de l'opposition syrienne qui combattent aujourd'hui les groupes jihadistes" et "poursuivrait son action" en Irak "afin d'affaiblir" l'EI.

Le Conseil de défense a également décidé de renforcer les "mesures de prévention contre les risques terroristes" dans les lieux publics et dans les transports. Le Quai d'Orsay a aussi ajouté une dizaine de pays (Indonésie, Malaisie, Philippines...), à la liste d'Etats où les Français sont appelés à faire preuve de la "plus grande vigilance", qui en comprend désormais une quarantaine.

L'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy a apporté de son côté jeudi son soutien à l'engagement du gouvernement "contre cette organisation terroriste", affirmant lors de son premier meeting pour la campagne interne à l'UMP que "la France doit être unie" quand "la sécurité nationale est en jeu".

D'autres initiatives suivront pendant le week-end, pendant lequel les drapeaux resteront en berne à la demande de l'Elysée. La mairie de Nice prévoit ainsi un rassemblement samedi, l'association SOS Racisme dimanche à Paris.

A Lyon, le recteur de la Grande Mosquée Kamel Kabtane souhaite organiser un grand rassemblement interreligieux le 1er octobre "pour s'opposer à la violence quelle qu'elle soit."

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