Sécu : le déficit aggravé à 14,7 milliards d'euros en 2015

Le déficit du régime général de la Sécurité sociale va s'aggraver en 2015. [AFP]

Le déficit du régime général de la Sécurité sociale en France s'aggraverait à 14,7 milliards d'euros en 2015 sans mesure nouvelle d'économies, a indiqué lundi la Commission des comptes de la Sécurité sociale, ajoutant que l'objectif d'un retour à l'équilibre est repoussé au-delà de 2017.

 

En prenant en compte le déficit du fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui atteindrait 4,3 milliards d'euros, le solde prévisionnel serait de -19 milliards d'euros en 2015, contre -15,3 en 2014, selon une synthèse de la Commission des comptes, dont l'AFP s'est procuré copie, avant la présentation, à 17H30, du budget de la Sécu 2015 et des pistes de réduction des déficits envisagées.

"Conséquence de la révision à la baisse de la croissance et de l'inflation, la réduction du déficit de la Sécurité sociale attendu pour 2014 n'aura pas lieu", et "hors mesures nouvelles", l'augmentation des déficits serait de 3,5 milliards en 2015, calcule la Commission des comptes.

 

Déficit de la branche maladie

L'augmentation des déficits du régime général (branches maladie, vieillesse, famille et accidents du travail) s'explique par une forte progression des dépenses (+3,8%) et des recettes qui n'augmentent que de 3,0%. C'est la branche maladie qui viendrait surtout grever les comptes avec une hausse naturelle des dépenses de santé de 3,2 milliards, qui porterait le déficit pour cette branche à 10,5 milliards, soit une hausse de 3,9% de l'objectif national de dépenses de santé.

Malgré une maîtrise de ces dépenses quasiment respectée, le déficit de la branche maladie atteint 7,3 milliards en 2014, soit une dégradation de 1,2 milliard par rapport aux prévisions.

Les autres branches en revanche verraient leur solde se stabiliser, à l'exception de la branche famille dont le déficit se détériorerait légèrement, passant de 2,9 milliards à 3,2 milliards.

Pour le FSV, qui finance les cotisations retraite des chômeurs, la détérioration du déficit serait imputé à une forte contraction des recettes (-8,7%) supérieure à celle des dépenses (-3,9%). Ces évolutions s'expliquent par l'effet de la suppression progressive de la contribution de solidarité des sociétés (C3S), due par la plupart des entreprises, et d'autre part par l'intégration financière du RSI au sein du régime général.

 

Retour à l'équilibre repoussé

Le gouvernement visait un retour au quasi-équilibre des régimes de base de la Sécu en 2017, mais "cette trajectoire" est "compromise", estime la Commission des comptes de la Sécurité sociale.

"Même avec des mesures importantes pour 2015, une nouvelle trajectoire devra être définie qui ne pourra que repousser au-delà de 2017 l'équilibre des organismes de Sécurité sociale", estime la commission.

 

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