Feu vert à la reprise : résignation à l'usine Caddie de Drusenheim

[Frederick Florin / AFP/Archives]

Dans une ambiance pesante, les salariés du fabricant de chariots de supermarché Caddie à Drusenheim (Bas-Rhin) ont accueilli lundi avec résignation la validation d'un projet de reprise qui prévoit le maintien de 128 des plus de 380 emplois.

 

"Les gens sont résignés: ils savent ce qui les attend", a confié à l'AFP Céline Goehringer, déléguée syndicale Force Ouvrière. "C'est bien qu'il n'y ait pas liquidation, mais il va y avoir une saignée" dans les effectifs de l'entreprise, relève-t-elle.

Sous un ciel maussade, une centaine de salariés de l'équipe du matin se trouvaient lundi sur le site au moment où la nouvelle est tombée. Une poignée d'entre eux, en blousons rouge et gris, s'étaient rassemblés devant la porte, tandis que la presse était tenue à l'écart derrière les grilles d'accès au site.

L'usine est à l'arrêt depuis plusieurs jours.

L'offre retenue par le tribunal de commerce de Paris "était l'unique solution. Dans la mesure où c'était la seule solution, c'était la meilleure", a commenté devant les journalistes son collègue de la CFTC, Thierry Carl, élu au CE.

Pour autant, l'annonce reste "une catastrophe" selon lui, car elle mettra "plus de 250 salariés sur le carreau".

Selon Thierry Carl, "les gens sont très démoralisés, ils en ont marre, ils aimeraient qu'on en finisse avec cette histoire de redressement".

Mais "l'histoire n'est pas finie: ça ne va pas être drôle pour ceux qui vont partir et ceux qui vont rester", prédit-il.

L'offre de reprise approuvée par le tribunal de commerce de Paris est portée par son ancien directeur général, Stéphane Dedieu.

L'offre prévoit de conserver 128 des plus de 380 salariés de l'entreprise. La reprise prendra effet au 1er novembre.

La liste des postes que l'offre de reprise partielle retenue prévoit de supprimer a déjà été publiée la semaine dernière, mais elle n'est pas nominative.

Thierry Carl espère "que M. Dedieu va avoir les reins assez solides pour une repartir sur une base solide". Mais certains, à l'instar de Céline Goerhinger, jugent son plan "trop prudent".

"Si la cadence commence à augmenter, le business plan de M. Dedieu risque d'être trop juste", avance-t-elle.

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