Nouveau survol de cinq centrales nucléaires par des drones

La centrale nucléaire de Penly.[AFP/Archives]

Le nouveau survol de cinq centrales nucléaires par des petits drones plonge les autorités dans l'embarras, le mystère restant entier sur les responsables de ces survols et sur leurs motivations.

 

Vendredi soir, entre 19 heures et minuit, les centrales de Penly (Seine-Maritime), Flamanville (Manche), Saint-Laurent-des-eaux (Loir-et-Cher), Dampierre-en-Burly (Loiret) et Fessenheim (Haut-Rhin) ont chacune été survolées, selon un mode opératoire qui se répète depuis plusieurs jours. 

Sollicités par l’AFP, le ministère de l'Intérieur et la gendarmerie nationale n'ont pas souhaité commenter dans l'immédiat. Et EDF, également interrogée, n'a pas souhaité confirmer cette information.

Jeudi soir déjà, Penly ainsi qu'une autre centrale en Tarn-et-Garonne avaient été survolées, les deux  vers 21 heures, par des drones. Les engins n'avaient pas été neutralisés "car ils ne représentaient pas de menace directe" pour la sécurité des installations, avait assuré un porte-parole de la gendarmerie.

EDF a affirmé dans la semaine prévoir de porter plainte pour chacun de ces survols.

Le survol des centrales nucléaires, interdit dans un périmètre de cinq kilomètres et de 1.000 mètres d'altitude autour des sites, est passible d'un an d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende.

Sept centrales nucléaires françaises avaient déjà été survolées par des drones au cours du mois d'octobre, des incidents "sans conséquences" selon EDF, mais qui soulèvent à nouveau la question de la sécurité des sites liés à l'atome.

Le ministère de l'Intérieur a affirmé jeudi que ces survols, "tous détectés", ne représentaient pas de danger pour la sécurité des installations survolées, "qui sont censées résister à des secousses sismiques de forte magnitude ou à des crashs d'avions de ligne".

 

 Téléguidés par un simple smartphone 

"Ces drones de petite taille, qu'on peut acheter facilement dans le commerce, ne représentent aucun danger. Parvenir à survoler une centrale nucléaire ne signifie pas que l'intégrité de l'installation est menacée", a insisté le porte-parole Pierre-Henry Brandet.

"Le drone en tant que projectile lui même ne présente pas de danger en cas de chute sur une centrale nucléaire en raison de son faible poids" , a confirmé à l'AFP Philippe Dupuy, adjoint à la direction Centrales nucléaires de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Qui plus est, dans les survols récents de centrales EDF, il s'agissait de "mini-drones". Vu la taille de ces engins, "il n'y a pas de menace avérée contre les installations en elles-même", a estimé aussi un porte-parole de l'armée de l'Air française.

Ces mini-drones de loisirs, vendus dans le commerce et téléguidés par un simple smartphone, sont trop légers (ils pèsent moins de 2 kilos) pour emporter des explosifs.

En revanche des drones plus sophistiqués utilisés normalement pour l'industrie (surveillance et maintenance des infrastructures ferroviaires et industrielles) et l'agriculture (informations sur les récoltes), seraient à même d'emporter des charges non négligeables.

La secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) s'est dite "très inquiète" de ces survols. "Voir ces engins survoler des centrales nucléaires c'est déjà une chose, se demander ce qu'ils peuvent faire avec ces engins, c'en est une autre", a ainsi affirmé Emmanuelle Cosse vendredi soir sur BFM-TV.

"Non, ce ne sont pas Greenpeace ou d'autres associations qui s'occupent de nucléaire qui font circuler ces drones", a-t-elle affirmé, précisant en avoir discuté avec plusieurs associations. 

Mais alors qui? L'enquête se poursuit.

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