Front anti-terroriste : le "G6" des ministres de l’intérieur

Tel un conseil de guerre international, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a réuni le 6 novembre à Paris, au cours d’un «G6», ses homologues européens.[MIGUEL MEDINA / AFP]

Bernard Cazeneuve a accueilli, hier jeudi à Paris, ses homologues européens et nord-américains, pour avancer face à la menace jihadiste.

 

A menace globale, réponse globale. Tel un conseil de guerre international, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a réuni hier à Paris, au cours d’un «G6», ses homologues européens (Espagne, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Pologne) ainsi que les autorités turques, canadiennes et américaines, afin de faire le point sur la lutte antiterroriste. L’objectif : affûter les armes de la coalition contre Daesh, alors que la menace d’attaques jihadistes en Occident n’a jamais été aussi forte.

 

Surveillance accrue dans Schengen

Première question abordée hier, celle des départs de milliers d’Occidentaux vers la Syrie ou l’Irak. L’enjeu est double : les empêcher de partir et contrôler leur retour, de peur qu’ils n’agissent après s’être aguerris aux côtés des jihadistes.

La France vient de créer une interdiction de sortie du territoire pour ceux soupçonnés de vouloir partir combattre. Les autorités britanniques envisagent, elles, de retirer leurs passeports à ceux qui sont partis, et l’Allemagne souhaite confisquer au suspect sa carte d’identité, indispensable pour se rendre en Turquie, porte d’entrée du Moyen-Orient.

Mais au-delà de ces initiatives, le coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, veut pouvoir mieux suivre le parcours d’un suspect à l’intérieur de l’espace Schengen. Présent hier, il milite pour que l’UE se dote, comme les Etats-Unis, d’un système de collecte des données fournies par les voyageurs aux compagnies aériennes (nom, adresse, numéro de téléphone, itinéraire, contact dans le pays d’arrivée).

Reste la problématique d’Internet, terreau de la radicalisation. «Avant, les sites jihadistes étaient connus et surveillés, explique François-Bernard Huyghe, spécialiste de la cyberstratégie à l’Iris. Mais les recruteurs utilisent désormais réseaux sociaux et forums comme des filtres pour chercher leurs futurs candidats.» Les ministres présents hier cherchent donc à mieux juguler les contenus propagandistes sur la Toile, et ce, malgré des rapports parfois compliqués avec les géants du Net comme Google ou Facebook.

 

Une menace diffuse

Cette mobilisation générale est à la hauteur du danger. France, Belgique, Grande-Bretagne, Australie, Canada… les attaques récentes prouvent que le danger est omniprésent, et que les appels criminels de l’Etat islamique sont entendus. En septembre, Daesh avait en effet incité les musulmans à «tuer […] tout citoyen des pays qui sont entrés dans la coalition, de n’importe quelle manière».

S’en était suivie, notamment, l’exécution tragique d’Hervé Gourdel. Il faut donc faire face à «une sorte de mythe mondial» façonné par l’EI, explique François-Bernard Huygue, et une «mobilisation des foules aujourd’hui redoutable». Le spécialiste explique que les organisations terroristes d’autrefois, qui étaient structurées et se préparaient durant plusieurs années, ont laissé place à des actes «brouillons, car spontanés». Et donc d’autant plus dangereux.

 

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