Les mystérieux survols de centrales nucléaires

La centrale de Belleville-sur-Loire.[ALAIN JOCARD / AFP]

Deux jeunes ont été mis en examen vendredi pour "survol volontaire d'une zone interdite par un aéronef" et remis en liberté sous contrôle judiciaire deux jours après avoir été interpellés avec un drone à proximité de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher), a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Bourges. On apprend par ailleurs qu'un drone a survolé dans la nuit de jeudi à vendredi lle site de recherche nucléaire de Marcoule dans le Gard.

 

Une quinzaine de vols de drones ont été signalés au-dessus ou aux abords de centrales nucléaires françaises depuis début octobre sans que les responsables du phénomène aient pu être clairement identifiés.

Le survol des centrales nucléaires françaises est interdit dans un périmètre de cinq kilomètres et de 1.000 mètres d'altitude autour des sites. Il est passible d'un an d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

 

- 5 oct: Premier survol détecté au-dessus de la centrale en cours de démantèlement de Creys-Malville (Isère). Il n'est rendu public que le 29 octobre par EDF.

 

- 29 oct: EDF annonce que des drones ont survolé sept centrales nucléaires françaises en octobre et qu'elle porte plainte.

. Outre Creys-Malville, les survols ont eu lieu au-dessus des centrales de Gravelines (Nord), Cattenom (Moselle), du Blayais (Gironde), du Bugey (Ain), de Chooz (Ardennes) et de Nogent-sur-Seine (Aube). Les drones ont été repérés par les équipes de protection des sites, principalement au cours de la semaine du 13 au 20 octobre, en général la nuit ou tôt le matin.

. EDF assure que ces survols ont été "sans conséquences sur la sûreté ni le fonctionnement des installations".

. L'ONG antinucléaire Greenpeace "nie toute implication" et demande une enquête sur ces "survols suspects".

 

- 30 oct: Survol des centrales nucléaires de Penly (Seine-Maritime) et de Golfech (Tarn-et-Garonne) indiquent EDF et la gendarmerie.

- Ces survols ne représentent "aucun danger pour la sécurité des installations, qui sont censées résister à des secousses sismiques de forte magnitude ou à des crash d'avions de ligne", assure le ministère de l'Intérieur.

- L'armée de l'Air, qui enquête sur les vols, estime que, jusqu'à présent, "la menace n'a pas augmenté de façon significative".

 

- 31 oct: Des drones survolent simultanément cinq centrales: Penly, Flamanville (Manche), Saint-Laurent-des-eaux (Loir-et-Cher), Dampierre-en-Burly (Loiret) et Fessenheim (Haut-Rhin).

 

- 2 nov: Un drone vole au-dessus de la centrale de Dampierre-en-Burly pour la deuxième fois en deux jours.

- Le gouvernement assure mobiliser tous les moyens pour "identifier les responsables" des survols et y "mettre un terme".

- La ministre de l'Ecologie et de l'Energie Ségolène Royal affirme que "tous les moyens" ont été mis en place pour "protéger nos installations nucléaires (...) Nous ne laisserons pas mettre en cause leur crédibilité".

 

- 3 nov: Un nouveau vol est détecté au-dessus de l'ancien réacteur Superphénix de Creys-Malville.

 

- 5 nov: Des appareils de détection militaires ont été mis à la disposition des gendarmes chargés de protéger les centrales afin de tenter de surprendre les personnes pilotant les drones, selon une source proche du dossier.

- Deux hommes âgés de 24 et 31 ans et une femme de 21 ans sont interpellés en possession de deux drones aux abords de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) et placés en garde à vue.

 

- 6 nov: Le procureur de Bourges indique que les trois personnes interpellées la veille sont "des passionnés de modélisme" qui voulaient "filmer leur bateau télécommandé", qui "se trouvait sur le lac à côté de la centrale". "Ces vols n'ont pas de lien avec les autres sites nucléaires survolés depuis début octobre en France", a-t-il assuré. La jeune femme est relâchée sans charge.

 

- 7 nov: Les deux autres jeunes sont mis en examen pour "survol volontaire d'une zone interdite par un aéronef" et remis en liberté sous contrôle judiciaire.

- Un nouveau vol de drone a été détecté dans la nuit de jeudi à vendredi au-dessus du site industriel et de recherche nucléaire de Marcoule (Gard).

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