Rémi Fraisse : la police évacue le campement écologiste de Rouen

Illustration. [[PASCAL PAVANI / AFP]]

Les forces de l'ordre ont évacué vendredi vers 04H30 du matin le campement qu'une centaine de militants écologistes avaient installé depuis mardi soir, dans le centre de Rouen à la mémoire de Rémi Fraisse, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

Les policiers venus à bord de plus d'une vingtaine de cars de CRS ont poussé les occupants hors du camp et commencé à le démanteler, en faisant usage de gaz lacrymogènes.

Ils appliquaient une ordonnance en référé d'évacuation à la demande de la mairie socialiste de Rouen, rendu la veille par le président du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Rouen. L'opération s'est déroulée très rapidement, les manifestants n'opposant pas de résistance.

Au nombre d'environ une centaine, des jeunes hommes et femmes, de différentes mouvances écologistes et anarchistes, ils s'étaient regroupés et scandaient "pas de violence", "pacifistes", ou "tous ensemble ouais".

 

Le soutient à Rémi Fraisse ne faiblit pas

Les protestataires avaient érigé rapidement leur ZAD ("zone à défendre") mardi soir à l'issue d'un rassemblement à Rouen, à la mémoire du jeune botaniste, tué par l'explosion d'une grenade lancée par un gendarme le 26 octobre, lors d'une manifestation contre le barrage de Sivens, dans le Tarn.

Ils s'étaient installés sur la place Foch, une petite place le long de la rue Jeanne d'Arc, grande artère de la ville, en face d'une aile du palais de justice.

 

Appel au dialogue

Le campement comprenait une douzaine de tentes, une cabane et des stands construits avec des palettes et du carton, et un "salon de discussion" avec canapés. Un manifestant s'était installé la dernière nuit en haut d'un arbre.

Bien visibles, ils invitaient la population à engager le dialogue sur les "violences policières", servaient des boissons chaudes et proposaient un peu de nourriture.

"Nous ne revendiquons rien : c'est la possibilité même de lutter et d'envisager d'autres futurs qui est en jeu", proclamaient leurs tracts.

Les manifestants s'attendaient à être délogés mais n'ont pas voulu partir d'eux-mêmes, bien qu'avertis par des représentants de la mairie que leur évacuation avait été réclamée.

"Nous resterons ensemble et nous attendrons le dernier moment pour partir" avait indiqué à l'AFP un militant ayant requis l'anonymat.

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