Rémi Fraisse : 1.400 manifestants à Paris

[AFP]

Quelque 1.400 personnes, selon la police, ont manifesté samedi à Paris pour dénoncer les "violences policières" après la mort de Rémi Fraisse sur le site du projet de barrage contesté de Sivens (Tarn).

 

Le cortège a quitté la place de la Bastille vers 14H00, scandant des slogans très virulents contre les forces de l'ordre -présentes en nombre- comme "flics, porcs assassins".

La manifestation a été émaillée de moments de tension, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des manifestants, pour certains cagoulés, ont hué un cordon de CRS déployés autour d'une station-service et leur ont jeté des projectiles.

A l'approche du point d'arrivée, près du cimetière du Père-Lachaise, dans le nord-est de la capitale, des heurts ont ensuite éclaté. Quelques coups ont été échangés et des gaz lacrymogènes lancés.

"Il faut qu'on prenne conscience qu'il n'y a pas de bons flics", a lancé Yann, membre d'un collectif contre les violences policières, qui a affirmé à l'AFP avoir été frappé par des policiers en marge du cortège. "Ils m'ont donné des coups de pieds, ils m'ont plaqué la tête contre le sol", a-t-il dénoncé, en montrant une bosse et une légère blessure sur son front.

Selon une source policière, aucun incident notable n'a toutefois été signalé. Un homme a été interpellé avant le départ du défilé en possession de deux couteaux, a-t-elle seulement ajouté.

La manifestation s'est finalement dispersée dans le calme.

Après des rassemblements lycéens jeudi et vendredi à Paris, cette manifestation, à l'appel de plusieurs partis et organisations, dont le Front de Gauche, la Fédération anarchiste, les Amis de la terre, l'Unef et l'UNL, avait été autorisée par la préfecture, contrairement à celles organisées simultanément à Toulouse et Rennes malgré l'interdiction des autorités.

A Paris, parmi les banderoles, "police assassine, justice complice", "justice exigée pour Rémi Fraisse", "fin de l'impunité policière", "politique sécuritaire assez!", "Rémi notre compagnon d'arbre".

Certains ont brandi la photo du jeune homme, d'autres des clichés de personnes présumées victimes de violences policières, Zyed et Bouna, Ali Ziri, Amine Bentounsi.

"Ce qui s'est passé, c'est honteux", a estimé Alain Radigue, "simple citoyen" de 56 ans, au sujet de la mort du jeune écologiste dans la nuit du 25 au 26 octobre. "Cela n'a pas été fait volontairement, mais il faut des sanctions."

"L'État a délibérément joué le jeu de la tension à Sivens", a jugé pour sa part Vincent Madeline, militant des Jeunes écologistes. Selon lui, "les opposants au barrage, ce ne sont pas des voyous, ce sont des gens qui travaillent, qui sont élus pour certains".

"On est là pour Rémi Fraisse, mais aussi plus globalement pour manifester notre colère", a-t-il expliqué, dénonçant "l'attitude des forces de l'ordre".

Sa mort est un "symbole politique", a déclaré William Martinet, président de l'Unef, première organisation étudiante, proche du PS.

"C'est révélateur d'un président de la République qui à mi-mandat n'a pas rempli le contrat signé avec les jeunes au moment de l'élection présidentielle", a-t-il poursuivi.  "Il y a une fracture et Rémi Fraisse est le symbole de ça. Quand il y a un jeune qui se mobilise pacifiquement pour refuser un projet productiviste, la réponse, c'est la répression."

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