Sivens : les conversations des gendarmes publiées

Une photo de Rémi Fraisse affichée par les militants sur le site de Sivens. [REMY GABALDA / AFP]

Dans son édition datée du 13 novembre, Le Monde fait état de conversations qui auraient été tenues entre les gendarmes dès qu'ils ont pris conscience de la gravité de l'état de Rémi Fraisse.

 

Le quotidien vespéral publie de nouveaux éléments sur l'enquête sur la mort de Rémi Fraisse, le jeune manifestant de 21 ans, tué par une grenade offensive lancée par les gendarmes au cours des affrontements entre des opposants au projet de barrage de Sivens (Tarn) et les militaires, dans la nuit du 25 au 26 octobre.

Le Monde a eu accès au procès-verbal dans lequel sont retranscrites les conversations des militaires, enregistrées par la caméra d'un gendarme qui filmait les affrontements avec les manifestants, lors de la nuit du drame.

 

"Stop pour les F4"

Entre 01H40 et 01H50 du matin, des gendarmes, équipés de jumelles à vision nocturne, voient le jeune homme tomber après l’explosion d'une grenade offensive lancée en l’air.

"Stop pour les F4 ! [les "grenades GLI F4", NDLR] Il est là-bas, le mec. OK, pour l’instant, on le laisse" ordonne alors un militaire à 1 h 53. "C’est bon, il va se relever ! Il va se relever, c’est bon !", s'écrit un autre.

 

"Il est décédé"

A 02H00, voyant que Rémi Fraisse ne se relève pas, un peloton de gendarmes décide d'aller récupérer le jeune homme. Le corps inerte du manifestant est ramené, un supérieur s'inquiète alors : "Il respire ou quoi ?".

Malgré les gestes de premiers secours réalisés par un infirmier de l'unité, le jeune homme ne donne plus signe de vie. "Il est décédé, le mec… Là, c’est vachement graveFaut pas qu’ils le sachent…", s'écrit un des gendarmes à 02H03.

 

Circonstances connues

Selon le service de communication de la gendarmerie, contacté le 11 novembre par Le Monde, le "ils" désignerait les manifestants.

"Il fallait éviter que ceux qui agressaient les gendarmes ne redoublent d'ardeurs en apprenant la mort de Rémi Fraisse", a expliqué la source policière, affirmant ensuite qu'en "aucun cas il ne s'agirait d'une volonté d'étouffer l'affaire".

 

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