Bébé tombé dans la Garonne : le père mis en examen

Le Pont-de-Pierre, dans le centre de Bordeaux.[DERRICK CEYRAC / AFP]

Sa fille de 21 mois serait tombée accidentellement dans la Garonne à Bordeaux (Gironde), vendredi 21 novembre. Un homme de 34 ans a été mis en examen dimanche soir pour homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans et placé en détention provisoire.

 

La version de la chute accidentelle de la petite fille clamée par le père ne semble pas convaincre les enquêteurs. L'homme, en conflit ouvert avec la mère pour la garde l'enfant, est soupçonné d'avoir jeté son enfant depuis le Pont de pierre, situé au centre de Bordeaux.

"Nous avons un faisceau d'éléments qui permettent de remettre en cause la version" du père de famille, a dit à l'AFP le parquet, qui a requis son placement en détention provisoire.

Le parquet de Bordeaux s'est dit "convaincu" de la thèse de l'homicide volontaire, et n'exclut pas celle de "l'assassinat", et donc de la préméditation.

 

Un scénario "peu vraisemblable"

Vendredi 21 novembre, le père de famille alerte les pompiers vers 20h00 en affirmant que sa fille est tombée dans le fleuve. Malgré d'importantes recherches terrestres et fluviales, l'enfant n'est pas retrouvée et son père est placé en garde à vue.

Selon lui, sa fille marchait sur la rambarde métallique du pont lorsqu'elle aurait donné un coup de pied, ce qui l'aurait déséquilibrée puis fait basculer dans la Garonne, connue, dans sa partie bordelaise, pour ses forts courants en raison de l'influence des marées. L'homme reconnaît avoir eu une "attitude imprudente".

Un scénario considéré comme "peu vraisemblable" et relaté par le suspect de manière "peu crédible", selon une source proche de l'enquête. D'autant qu'aucun témoin n'aurait assisté à la scène dans une zone considérée comme plutôt passante le vendredi en début de soirée. Le père a notamment eu des versions différentes à la fois sur le comportement de l'enfant, la scène, sa propre position, celles de ses mains.

Parallèlement, les parents, séparés depuis l'été, vivaient une rupture "très conflictuelle" et se disputaient la garde de l'enfant, a précisé le parquet. Une procédure judiciaire était notamment en cours devant le tribunal de Libourne qui devait se prononcer très prochainement sur le cas.

Selon les premiers examens, aucun trouble psychiatrique n'a par ailleurs été décelé et l'hypothèse de la remise de l'enfant à un tiers n'est pas envisagée.

  

Un autre bébé disparu dans la Garonne dix jours auparavant

Un fait divers semblable s'est déroulé dans la même ville de Bordeaux, le 11 novembre dernier.

Le père d'un bébé de quatre mois et demi s'était dénoncé auprès de passants, affirmant qu'il venait de jeter son nourrisson dans la Garonne depuis les quais du centre-ville. Aucun témoin n'avait, là non plus, assisté à la scène et l'homme n'avait guère fourni d'explication précise sur les circonstances ou motivations de son geste. L'enquête avait toutefois montré que les parents connaissaient une "vive tension conjugale" dans les jours précédant les faits. L'homme, lui aussi mis en examen pour homicide volontaire sur mineur de moins de quinze ans, a été incarcéré. Le corps du bébé n'a pas été retrouvé.

Interrogé sur la possibilité que le premier drame ait pu inspirer l'auteur du deuxième, le représentant du parquet a appelé à la "prudence", tout en reconnaissant: "On s'est tous posé la question".

 

 

 

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