Intempéries : mort d'un septuagénaire dans les Pyrénées-Orientales

Les intempéries ont fait beaucoup de dégâts dans les Pyrénées-Orientales, qui se sont réveillés groggy dimanche[RAYMOND ROIG / AFP]

Une montée des eaux encore plus forte que lors de la crue meurtrière de 1999 a nécessité l'évacuation de près de 3.000 habitants dimanche dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales, où l'inquiétude persistait dans l'attente d'un nouvel épisode pluvieux. Un septuagénaire est décédé à Risevaltes (Pyrénées-Orientales)

 

L'homme de 73 ans est décédé vers 14h en tentant de franchir en voiture une cuvette inondée. Il a succombé à un arrêt cardiaque.

C'est le premier décès enregistré dans le département depuis le début des intempéries.

 

Evacuation

Plus tôt dans la journée, la préfète des Pyrénées-Orientales, Josiane Chevalier, a ordonné "l'évacuation des habitants situés à 200 mètres de part et d'autre de l'Agly", rivière placée en vigilance rouge à 11H00 par le Service de prévision des crues Méditerranée Ouest (SPCMO), a indiqué la préfecture.

En milieu de journée, "2.000 personnes" avaient été évacuées préventivement dans cette région, sur un total non encore déterminé. La préfète a de plus demandé à ce que, dans les 500 m de part et d'autre de l'Agly, "des mises en sécurité à l'étage soient effectuées sans délai".

A Rivesaltes, longé par l'Agly, des dizaines de personnes s'installaient à la mi-journée dans une salle de spectacle, a constaté un correspondant de l'AFP, attendant avec angoisse le pic de crue, attendu vers 15H00. 

"La situation est sous contrôle", a cependant assuré dans un communiqué Matignon, qui évoque cependant une situation "exceptionnelle" et inconnue "depuis 1999", lors d'une crue qui avait fait 35 morts et un disparu dans la région.

Les évacuations réalisées le long de l'Agly s'ajoutent aux 560 personnes qui avaient déjà été mises en sécurité en fin de matinée dans d'autres zones touchées, en particulier sur la côte Vermeille (Canet, Argelès-sur-Mer et Le Barcarès), a indiqué la préfecture.

"J'ai 42 ans et je n'ai jamais vu ça", témoignait Kristel Grégori, dont la maison se situe à Argelès, à une dizaine de mètres de la Massane, un petit cours d'eau très souvent à sec mais qui s'est transformé en un fleuve d'une vingtaine de mètres de large. Des dizaines de voitures étaient noyées, parfois enroulées autour de pylônes par la force des eaux.

"A trois heures, des gens du quartier sont venus nous réveiller. Il y avait déjà un mètre d'eau dans les garages", raconte Mme Grégori. Son atelier de cuisine, l'atelier de son mari, patron d'une entreprise de terrassement, ainsi que "toutes les machines et nos voitures", ont été noyés, a-t-elle précisé.
"Les eaux sont redescendues, mais il pleut encore. Je ne sais pas ce qui va se passer", a-t-elle ajouté.

 

"Nous sommes très inquiets"

Dans l'Aude, le maire de Portel-des-Corbières n'en revient pas encore de la vitesse à laquelle les eaux de la rivière Berre ont gonflé dans son village de 1.150 habitants.

"En un quart d'heure, l'eau est montée de trois mètres et demi. On est maintenant en pleine décrue, mais on nous annonce un nouvel épisode. Nous sommes très inquiets", a-t-il déclaré à l'AFP. 

La Berre, en vigilance rouge, a atteint à Portel une cote de 8,5 mètres, au-delà des 7,4 m connus lors de la crue de novembre 1999.

Les eaux boueuses de la Berre ont envahi l'ensemble des rives, submergeant les vignes et s'enfonçant jusqu'aux quartiers bas, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans la commune voisine de Sigean, l'eau est passée dans la matinée au-dessus de la digue haute de six mètres de l'Espinat, dont la construction encore inachevée était destinée à éviter une nouvelle inondation du village, déjà durement touché lors de la "grande crue" de 1999.

Le pire était craint. Mais les eaux ont finalement reflué à partir de 11H30.

Les résidents des quartiers bas du bourg avaient de toute façon déjà été évacués par précaution, soit environ 250 personnes.

"On est venu nous chercher vers 06H30. J'ai pris mon sac et mon chien, et je suis partie", a raconté à l'AFP Marie, réfugiée avec une vingtaine d'autres personnes dans la salle communale de Sigean. "Le plus angoissant, c'est l'attente car on ne sait pas comment on va retrouver la maison."

Dans son bulletin de 13H20, Météo-France a averti que "la période de risque s'étend jusque dimanche 16H00" et a maintenu la vigilance rouge "pluie-inondation" pour l'Aude et les Pyrénées-Orientales.

Dimanche après-midi et en "début de soirée", "les pluies baissent en intensité (20 à 40 mm passant à 10 à 30 mm) avant de s'estomper en cours de nuit prochaine", prévoit Météo-France.

Avant de se déporter vers le Sud-Ouest, les intempéries avaient déjà provoqué la mort de quatre personnes, jeudi dans le Var, où les recherches se poursuivaient dimanche pour retrouver une fillette de huit ans, toujours disparue.
 

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