La fin des notes à l’école ?

L’idée de mettre pour de bon les notes au piquet n’est pas nouvelle et revient souvent sur la table depuis le début du quinquennat.[Damien Meyer / AFP/Archives]

Le Conseil supérieur des programmes (CSP) veut faire évoluer le système de notation actuel. Objectif : mieux valoriser la réussite des enfants.

 

L’élève qui rougit de plaisir avec un 19/20 en maths, ou celui qui rentre à la maison, la peur au ventre, avec un mauvais bulletin à montrer aux parents, pourraient bientôt se conjuguer au passé.

Un rapport du Conseil supérieur des programmes (CSP), chargé par le ministère de l’Education nationale de réfléchir à l’évaluation des élèves, remet en cause le système de notation actuel.

La ministre, Najat Vallaud-Belkacem, organisera la semaine prochaine une conférence nationale. Et pourrait s’inspirer de ces recommandations.

 

Des niveaux de maîtrise instaurés ?

L’idée de mettre pour de bon les notes au piquet n’est pas nouvelle, et revient souvent sur la table depuis le début du quinquennat. Dès 2012, Vincent Peillon, alors en charge de l’Education, voulait que les notes soient «un encouragement et pas un découragement».

Son successeur, Benoît Hamon, parlait cet été d’un système «qui souligne les lacunes». Et Najat Vallaud-Belkacem veut instaurer une notation «stimulante». Le CSP va dans leur sens, avec ses recommandations.

Il veut en finir avec les «calculs artificiels de moyennes» et les «réponses binaires en termes de succès et d’échec». Les notes chiffrées, qui ne seraient pas assez objectives, ni neutres, ne seraient plus qu’un outil parmi d’autres au sein d’un «processus d’évaluation qui donne à la fois confiance aux élèves et à leurs familles, et fasse confiance aux professeurs».

Un modèle moins précis que la gradation de 0 à 20 est donc avancé : celui d’un barème comportant plusieurs niveaux de maîtrise, entre quatre et six selon Le Monde. Hasard du calendrier ou non, la ministre s’est rendue le mois dernier dans un collège du Gers où les notes ont été abolies. Elles ont été remplacées par un code couleur permettant d’évaluer leur progrès effectués par les élèves.

 

Des élèves "toujours évalués"

Véritable révolution en cas de mise en pratique, la suppression des notes a ses défenseurs, sachant que 73 % des parents d’élèves souhaitent que les notes comptent moins dans la scolarité de leurs enfants, selon un récent sondage de l’Apel.

«La note décourage l’élève qui est en échec, mais aussi celui qui a 17/20, et qui va devoir avoir le même résultat la fois suivante pour ne pas décevoir son entourage», commente Michel Fize, auteur du livre Le bac inutile (éd. L’Œuvre).

Le sociologue milite pour que la compétition entre élèves soit remplacée par la coopération, et veut en finir avec le bac, qui pousse, selon lui, à ce que les élèves soient «évalués, encore évalués et toujours évalués». Côté parents d’élèves, la FCPE abonde dans ce sens. Elle avance le fait que la note chiffrée «construit une sélection dès le plus jeune âge».

Mais cet avis n’est pas partagé par tous. Le syndicat d’enseignants SNALC-FGAF faisait ainsi part hier, dans un communiqué, de sa colère vis-à-vis des propositions du CSP, craignant que ne soit mis en place un système «parfaitement inopérant». Le SNES, avant lui, avait appelé le ministère à ne pas faire porter le chapeau des difficultés scolaires aux notes. Des notes qui, plus que jamais, sont menacées de renvoi.

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