Grève des contrôleurs à la SNCF : l'état du trafic

[Damien Meyer / AFP]

Le trafic est conforme aux prévisions vendredi matin eu égard à la grève des contrôleurs qui a démarré jeudi soir à l'initiative de la CGT et SUD et qui devrait affecter surtout les TER et le TGV Sud-Est, a annoncé la direction de la SNCF.

 

"Aucune surprise", a-t-on affirmé à l'AFP peu avant 8H00, depuis le centre de monitoring en Seine-Saint-Denis.

"Il n'y a aucune surprise sachant que nous sommes au tout début du service et que les trains qui doivent être pris le sont", notait-on de même source vers 6H30 en soulignant qu'il n'y avait "aucun motif d'inquiétude particulière".

Le préavis des deux syndicats, qui craignent pour l'avenir de leur métier et réclament des embauches, court de jeudi 19H00 à dimanche 08H00. Ils représentent plus de 65% des voix chez les 10.000 contrôleurs.

En Ile-de-France, qui concentre 60% du trafic, le service sera "normal" vendredi sur toutes les lignes Transilien, selon la SNCF. Deux appels de voyageurs à l'AFP ont fait état de perturbations notamment sur le réseau ouest (Versailles): interrogée à ce sujet, la SNCF a démenti qu'elles aient le moindre rapport avec la grève les mettant sur le compte des "aléas techniques comme on en connaît chaque jour".

La plupart des trains vers les pays voisins et les TGV partiront aussi normalement, à l'exception du TGV Sud-Est (un quart d'annulations).

Le mouvement des contrôleurs affectera en revanche les liaisons TER, avec en moyenne deux liaisons (train et/ou car) sur trois prévues.

La situation sera plus difficile pour les usagers des TER Lorraine, Limousin et Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Selon la SNCF, il y aura un TER sur deux en PACA, 3 TGV SUD-EST sur 4 et côté Intercités 1 Bordeaux-Marseille-Nice sur deux.

Davantage de trains (plus de 80%) circuleront en Picardie, Pays-de-la-Loire, Languedoc-Roussillon, Haute-Normandie et Rhône-Alpes.

Pour les Intercités, la prévision est de 7 trains sur 10.

L'évolution des carrières et du métier de contrôleur inquiètent les deux syndicats ayant appelé à la grève, qui pointent également un manque d'effectifs.

Ils s'opposent notamment à la suppression sur certains trains de la présence systématique du contrôleur au profit de contrôles groupés et ciblés et craignent une généralisation du dispositif EAS (Équipement agent seul), qui permet de faire circuler les trains avec comme seul agent à bord le conducteur.

En vigueur en Ile-de-France dans plus de 90% des 6.500 Transiliens, cette organisation permet selon la SNCF de lutter contre la fraude grâce à "une meilleure efficacité dans l'utilisation des personnels", aux heures d'affluence notamment.

Si chaque nouveau train livré est équipé du matériel EAS, le dispositif n'a pas vocation à être généralisé, assure néanmoins l'entreprise, et la pertinence de sa mise en oeuvre est étudiée au cas par cas.

Sur tous les sujets, les discussions sont engagées avec les syndicats, souligne-t-on.

Sur la question des effectifs, stables selon l'entreprise, en "tension" selon les syndicats, la SNCF a promis 143 entrées en formation de futurs contrôleurs au premier trimestre 2015.

Mais selon Olivier Gendron, responsable CGT à Paris-Saint-Lazare, il manque 436 contrôleurs rien que "pour assurer la charge de travail conformément aux cadres d'organisation définis par la direction".

Selon SUD-Rail, les plannings pour la période de décembre à juin prochain sont établis "avec des effectifs réduits de 7 à 40% selon les établissements".

Les deux autres organisations (Unsa et CFDT) n'appellent pas à la grève mais ont déposé chacune une "demande de concertation immédiate".

 

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