L'A350-900 a été livré à Qatar Airways

Le premier Airbus A350-900 vient d'être livré à Qatar Airways. [CC Don-Vip][[CC Don-Vip]]

"Plus qu'un jour fabuleux, c'est une journée historique pour Airbus". C'est par ces mots que le PDG de l'avionneur européen a souligné l'importance de la livraison lundi de son dernier né A350-900, censé rivaliser avec les Boeing 787 et 777.

 

Qatar Airways a réceptionné lundi à Toulouse, au siège d'Airbus, le premier exemplaire de ce biréacteur long-courrier de nouvelle génération fabriqué en majorité en matériaux composites. Il s'agit du tout nouvel avion depuis le 787 Dreamliner de l'Américain Boeing, fin 2011, et le super Jumbo Airbus A380, en octobre 2007.

"Aujourd'hui marque l'aboutissement du projet d'une décennie", a déclaré Akbar al Baker, directeur général de la compagnie qatarie lors d'une conférence de presse, soulignant qu'aucun nouvel aéronef ne verrait le jour lors de la prochaine décennie. "C'est donc un moment tout à fait remarquable", a-t-il souligné.

Le transporteur qatari, propriété du richissime émirat pétrolier, a commandé 80 appareils au total, illustrant ses ambitions de devenir une compagnie incontournable dans le monde.

Créée il y a 17 ans, le transporteur de Doha dispose déjà d'une flotte de 145 appareils récents opérant vers 146 destinations. Et il a reçu récemment trois des 14 super Jumbos A380 également commandés.

M. al Baker a même rappelé que trois nouveaux avions avaient rejoint la flotte "en l'espace de 24 mois: le Boeing 787 Dreamliner, puis l'A380 et à présent, l'A350".

L'A350-900, configuré en deux classes, sera exploité à partir du 15 janvier sur la ligne quotidienne Doha-Francfort. Le second A350-900 devrait entrer dans la flotte en février.

 

"Moins bruyant, plus économe"

La mise en service de ce nouvel avion est cruciale pour Airbus qui entend conforter sa présence sur le marché lucratif des long-courriers de moyenne capacité (250 à 400 sièges). Le constructeur estime que dans les 20 prochaines années, la demande pour ce type d'appareils s'élèvera à 7.800 exemplaires.

L'avion, dont l'air sera renouvelé toutes les deux à trois minutes, est moins bruyant, plus spacieux avec des hublots agrandis mais aussi, plus léger et donc moins consommateur de kérosène, que ses concurrents. Le premier exemplaire est livré avec "un très haut de niveau de maturité" à une compagnie qui se veut haut de gamme, a également souligné Fabrice Brégier

"Mon cher Akbar, vous êtes un client exigeant, particulièrement exigeant et même parfois un peu trop mais vous êtes aussi l'un des architectes de l'A350. Nous vous devons beaucoup sur ce programme", a-t-il commenté, affirmant que sans cet apport, cet avion ne serait "pas le meilleur de sa catégorie".

La livraison de l'A350 avait été initialement programmée pour le 13 décembre avant d'être suspendue sine die. Akbar al Baker a simplement expliqué que ce retard était lié aux finitions dans l'aménagement et les équipements de la cabine qui ne correspondaient pas aux exigences de la compagnie.

Sur le marché des long-courriers, les B777 et 787 de son rival sont jusqu'alors majoritaires face à l'A330, biréacteur entré en service il y a vingt ans dont la version remotorisée a été lancée en juillet.

 

10 à 12 milliards d'euros investis

L'avionneur européen a investi 10 à 12 milliards d'euros dans le programme A350XWB (extra wide body). Équipé des moteurs Trent XWB de Rolls-Royce, l'A350-900 est capable de transporter en moyenne 315 passagers sur une distance de 14.500 km.
Le programme A350 XWB avait été lancé en 2007 après une première version retoquée en 2005 par les compagnies qui n'y voyaient qu'une pâle amélioration de l'A330.

Airbus a par ailleurs tenu sa promesse de livrer à Qatar Airways le premier exemplaire "avant la fin de l'année", avec environ une année de retard sur le calendrier initial.Le premier vol d'essai de l'A350-900 avait eu lieu le 14 juin 2013 avant sa certification à l'automne.
Avec 778 commandes à fin novembre, le programme est déjà un succès commercial. Boeing a, lui, déjà accumulé 1.055 commandes pour son Dreamliner lancé avec quelques années d'avance.

Fabrice Brégier a enfin assuré que la montée en cadence de production avait été bien préparée. Airbus prévoit de passer d'une production de deux à 10 avions par mois en quatre ans.

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