Perpignan : des bancs publics retirés pour mettre fin aux "nuisances"

La mairie de Perpignan a fait retirer plusieurs bancs publics afin de "modifier des aménagements pouvant générer des nuisances" (Image d'illustration).[Flickr / CC / Guillaume LARDIER]

L'association écologiste des Pyrénées-Orientales Frene 66, la branche locale de France Nature Environnement, dénonce lundi la disparition récente de la plupart des bancs publics de la ville, accusés de favoriser les réunions de SDF.

 

L'adjoint au maire Jean-Marc Pujol (UMP) en charge de l'urbanisme et de l'aménagement Pierre Parrat, interrogé lundi par l'AFP, récuse tout systématisme, revendiquant seulement la volonté de "modifier des aménagements pouvant générer des nuisances".

"Il y avait déjà peu de bancs à Perpignan, mais au cours du dernier mois, ce sont plusieurs dizaines de places qui ont été supprimées nuitamment" assure pour sa part le président de l'association écologiste, Marc Maillet.

Il relève que dans un cas au moins, les habitants d'un immeuble s'étaient plaints de voir des marginaux ou SDF se regrouper et s'installer sur le banc de l'ex-jardin Bausil, mais souligne-t-il, "si on ne voit plus les pauvres, cela ne voudra pas dire qu'il n'y a plus de pauvreté".

Pierre Parrat reconnaît que la municipalité "a supprimé cinq ou six bancs sur les allées Bausil car les associations de riverains dénonçaient des nuisances nocturnes venant de toutes sortes de gens et pas seulement de SDF".

Il assure que la mairie "remplacera sans doute certains des bancs de quatre places supprimés par des bancs à une place où on peut se reposer dans la journée mais qui n'incitent pas à s'entasser ou se vautrer". 

M. Maillet de son côté proteste contre les quelques exemplaires déjà réalisés de ces "sièges pour culs pointus" et dénonce plus largement "le modelage de la ville pour la bagnole et la mercantilisation de l'espace avec l'envahissement des places par les terrasses de restaurant, pratiqués selon lui à Perpignan depuis Jean-Paul Alduy (prédécesseur de M. Pujol, UMP puis UDI).

"Les bancs publics, c'était sans doute trop subversif et surtout gratuit" souligne Frene 66 sur le site de l'association, en invoquant Georges Brassens, dont les "Amoureux des bancs publics" se bécotaient "en s'foutant pas mal du r'gard oblique des passants honnêtes".

La pose, la veille de Noël à Angoulême, de grillages sur des bancs placés devant une galerie commerçante, avait suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et parmi les politiques, saluée par les uns comme une réponse aux incivilités et à la mendicité agressive, mais dénoncée par les autres comme une initiative honteuse et discriminatoire à l'égard des SDF. Les grillages ont été retirés "provisoirement" dès le 26 décembre. 

 

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