Dammartin-en-Goële en état de siège

La commune de Dammartin-en-Goële (Seine-en-Marne) est en état de siège depuis la prise d'otage ce matin du 9 janvier.

Tireurs d'élite sur les toits, hélicoptères en vol stationnaire, salariés calfeutrés: la zone industrielle de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) où les auteurs présumés de l'attaque contre Charlie Hebdo se sont retranchés est vendredi en état de siège.

 

Rues désertes, rideaux de fer des commerces abaissés, accès routiers coupés par les forces de l'ordre, Dammartin, petite commune de 8.000 habitants, est une ville morte plongée dans la brume.

Les frères Saïd et Chérif Kouachi, identifiés par les autorités comme les responsables de l'attaque contre Charlie Hebdo qui a fait douze morts mercredi, à des policiers à un barrage, se sont retranchés dans les locaux d'une imprimerie où ils retiennent un otage.

"Ma fille travaille chez le traiteur, dans la zone où sont cachés les terroristes. La société où elle travaille est protégée par le GIGN. Ils leur ont dit d'éteindre les lumières et de se calfeutrer", a expliqué une dame de 60 ans, refoulée par le cordon de sécurité à Damamartin.

"Ma fille m'a dit : Maman, n'aie pas peur, on est bien protégés. Elle est sereine, mais moi, j'ai peur. J'ai trop peur", ajoute-t-elle, des sanglots dans la voix.

Située en marge d'une zone boisée, la zone industrielle des Près-Boucher, une des plus grandes zones d'entrepôts de France, tous alignés le long de la nationale 2, comprend une dizaine d'entreprises, dont le grand groupe de logistique Kühne Nagel, des artisans, un entrepôt de la mairie et un entrepôt de La Poste.

"Nous avons des snipers sur le toit du dépôt", a expliqué Marcel Bayeul, responsable CGT de Kuehne Nagel. "Cela se passe chez l'imprimeur d'en face, un "tout petit imprimeur", a-t-il ajouté, précisant: "Nos salariés sont protégés à l'intérieur par des cordons de police".
    

Les ambulances sont là    

Sur son site internet, la mairie appelle les habitants à rester à leur domicile. Ceux qui pouvaient être évacués l'ont été. Les enfants sont confinés dans les écoles.

"Les CRS ont traversé, ont ratissé la zone et nous ont fait évacuer. Ca arrive très, très vite, on voit les hélicoptères et d'un seul coup, on voit les CRS autour de nous, là, on commence un peu à paniquer, parce qu'on ne sait pas où sont les autres" (les frères Kouachi), raconte Stéphane, 45 ans, employé dans une entreprise spécialisée dans les matières dangereuses. "Ils nous ont juste fait prendre quelque chose de chaud pour rester dehors. Maintenant, on attend", ajoute-t-il.

Lourdement armés de fusils d'assaut kalachnikov et d'un lance-roquette, Saïd et Chérif Kouachi avaient auparavant volé une Peugeot 206 à une femme, qui les a reconnus. Un échange nourri de coups de feu a eu lieu lorsqu'ils ont été repérés à un barrage, selon des sources policières.

"Cinq hélicos tournaient autour de la zone. Des policiers sont descendus en rappel sur un entrepôt: c'est là qu'on a entendu des coups de feu", témoigne Patrick Snakowski, un agriculteur dont la ferme se trouve à proximité. C'est alors que les tueurs présumés se sont déplacés, à pied, jusqu'à une petite imprimerie de la zone industrielle, selon lui.

 

"Tout le monde est en place"

"Toute la zone est bouclée, nous sommes consignés chez nous. Nous entendons les hélicoptères, il y en a un en vol stationnaire actuellement au-dessus de ma maison. Je suis inquiet car je tente de joindre mon fils, qui travaille sur la zone industrielle, mais je n'y parviens pas. Cela sonne étrangement, ils ont dû brouiller les communications", explique Michel Carn, habitant de Dammartin dont la maison est à environ 600 mètres de l'imprimerie.

"Les enfants sont confinés dans toutes les écoles. Plus personne ne rentre ni ne sort", souligne Jean-Pierre Mateo, premier adjoint au maire. "Des ambulances sont là, les pompiers sont là, tout le monde est en place", a-t-il assuré. "On espère qu'on n'aura pas à se servir des ambulances".

 

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