Funérailles à Jérusalem des quatre juifs tués à Paris

A Jérusalem.[Jack Guez/AFP]

Près de 2.000 personnes assistaient mardi à Jérusalem aux funérailles des quatre juifs tués vendredi par un jihadiste dans un supermarché casher à Paris, a constaté une journaliste de l'AFP.

 

Une foule considérable composée des proches anéantis, d'officiels et d'anonymes français et israéliens s'est rassemblée à la mi-journée dans l'immense cimetière du Har Hamenouhot (mont du Repos) où doivent être enterrés Yohav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et François-Michel Saada.

Les quatre dépouilles, enveloppées dans des châles de prière blancs et bleus, ont été disposées sur une tribune devant la foule, sous une vaste tente protégeant du soleil vif.

"Il était amoureux d'Israël, il voulait vivre ici et il vivra ici", a déclaré Jonathan, le fils de François-Michel Saada, en allumant un flambeau devant le cercueil de son père.

"Philippe, protège-moi, protège Shirel et Naor et Ella et Elad", leurs enfants, a dit à son tour Valérie Braham, la femme de Philippe Braham, chancelante.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu participe à la célébration, où la France est représentée par la ministre Ségolène Royal.

 

"Auprès de mon fils"

François-Michel Saada aurait été abattu après avoir insisté pour entrer alors que le rideau était baissé et cru que le magasin avait fermé en avance, a rapporté le site d'information israélien Ynet.

Quant à Philippe Braham, un cadre en électronique selon la presse israélienne, sa femme a raconté à la chaîne Channel 2 qu'ils avaient coutume de faire leurs courses le jeudi, mais qu'elle lui avait demandé d'acheter quelques articles. Entendant les nouvelles alors qu'elle récupérait les enfants à l'école, elle a essayé de le joindre et, contrairement à ses habitudes, il n'a pas répondu. "Je lui ai envoyé des messages et puis j'ai compris qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas", a relaté Valérie Braham.

Yohav Hattab, étudiant, était revenu enthousiaste quelques jours auparavant de sa première visite en Israël selon ses amis.

"Les quatre familles ont décidé d'enterrer leurs morts en Israël", a indiqué un responsable communautaire en France. Les Braham avaient déjà perdu un enfant, enterré en Israël. Philippe Braham "doit être là-bas, auprès de son fils", a déclaré sa veuve.

Les quatre hommes n'étaient pas Israéliens, mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accédé à la demande des familles qu'ils soient enterrés à Jérusalem.

 

Une France perçue comme hostile

M. Netanyahu, le président Reuven Rivlin et le chef de file de l'opposition Isaac Herzog doivent prendre part à la cérémonie prévue à 12H00 (10H00 GMT). Ségolène Royal, troisième dans l'ordre protocolaire gouvernemental, représentera la France.

La prise d'otages menée par le jihadiste Amedy Coulibaly a renforcé en Israël le sentiment de plus en plus répandu, après l'affaire Merah et avec la multiplication des actes antisémites, que la France était devenue une terre hostile et incapable de les protéger.

Un demi-million de personnes y forment la troisième plus importante communauté juive au monde, aprèsIsraël et les Etats-Unis. Mais en 2014 et pour la première fois depuis la création d'Israël en 1948, la France a été le premier pays d'émigration vers Israël. Plus de 6.600 juifs l'ont quittée pour s'installer en Israël, contre 3.400 en 2013.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé lundi la mobilisation de 4.700 policiers et gendarmes pour renforcer la protection des 717 écoles et lieux de culte juifs de France.

Le Premier ministre israélien, qui a pris part à la marche de dimanche à Paris et s'est recueilli lundi devant le supermarché de la porte de Vincennes, a salué la "détermination" de la France "contre le nouvel antisémitisme et le terrorisme".

Mais il avait irrité Paris samedi en semblant inciter à l'émigration et en déclarant qu'Israël était le "foyer" des juifs de France.

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