Les "hôteliers" à la barre au procès du Carlton

Le procès du Carlton de Lille se poursuit [VALERY HACHE / AFP]

Le procès de l'affaire dite du Carlton entrait mardi dans le vif du sujet avec l'entrée en scène des "hôteliers" par qui le dossier a commencé, en premier lieu René Kojfer, au tribunal correctionnel de Lille.

 

C'est à cet ancien chargé de relations publiques à l'hôtel Carlton et à l'hôtel des 2 tours que les policiers se sont en premier intéressés dans ce dossier, à la suite d'un "renseignement anonyme".

Différents avocats de la défense ont toutefois contesté cette version des faits lundi après-midi, arguant que des écoutes administratives avaient été décidées bien avant le début de l'enquête préliminaire et le début de la surveillance de René Kojfer en février 2011.

La justice reproche à l'ancien chargé de relations publiques du Carlton, qui fut le premier mis en examen de l'affaire en octobre 2011, d'avoir mis en relation des prostituées et des clients de l'hôtel. C'est par ailleurs au détour de l'une de ses conversations que le nom de l'ancien directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn est apparu.

 

René Kojfer calme à la barre

A la barre mardi matin, René Kojfer est apparu attentif à la lecture des faits qui lui sont reprochés en veste noire, chemise sombre à carreaux. Il s'exprime d'une voix calme, posée, quand il doit s'expliquer sur la seule condamnation à son casier judiciaire, pour une vente à domicile en 2003.

Les premières questions du président du tribunal portent sur le début de carrière de cet homme de 74 ans, qui a été vendeur au porte à porte pendant 30 ans.

A ses côtés, dans le "groupe des hôteliers" comme l'a surnommé le tribunal, Francis Henrion, ancien directeur du Carlton, et Hervé Franchois, propriétaire de l'hôtel, doivent également répondre de proxénétisme aggravé.

 

Un président qui ne s'attachera pas aux détails

"On verra si nous avons eu raison de dénommer ce procès du Carlton", avait prévenu dès lundi le président du tribunal Bernard Lemaire annonçant le programme des jours à venir.

Le président a également prévenu lundi qu'il ne se ferait pas "gardien de la morale" dans ce procès et ne s'attacherait pas aux "détails" et autres "anecdotes" sur les habitudes sexuelles des uns et des autres, retranscrites pendant l'enquête et qui ont largement fuité dans les médias au cours de l'instruction.    

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