L'Egypte va acheter 24 avions Rafale

Dassault Aviation, qui n’avait jusque-là jamais réussi à exporter son appareil. [Gerard Julien / AFP/ Archives]

Cette fois-ci semble être la bonne. Comme espéré par la France, l’Égypte s'est engagée ce jeudi à acheter 24 avions de combat Rafale, en plus d’une frégate et de missiles. Le contrat de 5 milliards d'euros a été confirmé par François Hollande. Il sera signé lundi au Caire.

 

 "L'avion de combat Rafale remporte son premier contrat à l'export", a salué le chef de l'Etat, François Hollande, dans un communiqué. "La signature interviendra le 16 février au Caire. J'ai demandé au ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, de signer au nom de la France", précise-t-il. Plus tôt dans la journée, Le Monde, avait affirmé qu'un accord de vente, pour un montant avoisinant les 5 milliards d’euros, avait été paraphé ce jeudi par les deux parties, dans l’attente d’une signature officielle avec le président Abdel Fattah al-Sissi.

Jean-Yves Le Drian avait indiqué dimanche dernier que les discussions entre la France et l'Egypte étaient "bien avancées" mais "pas conclues". "Je prends beaucoup de précautions (...) j'espère que ça se fera", ajoutait-il. "Les choses se présentent très bien", a déclarait pour sa part  jeudi soir Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. Cet accord en passe d’être finalisé est évidemment une victoire pour le groupe Dassault Aviation, qui n’avait jusque-là jamais réussi à exporter son appareil, utilisé par l’armée française aussi bien en Afghanistan qu’en Libye, au Mali ou en Irak.  

 

Une vente en un temps record

Cette première vente à l'exportation du Rafale a été menée en un temps record. Tout commence, selon le ministère, en septembre dernier lorsque M. Le Drian rencontre le président égyptien au Caire, qui évoque pour la première fois l'acquisition de Rafale et de frégate multi missions.

Au retour, Le Drian mandate une équipe de négociation autour des industriels impliqués, Dassault Aviation, MBDA pour les missiles et DCNS, ainsi que son cabinet. En novembre, lors d'une visite à Paris, M. al-Sissi précise ses intentions : 24 Rafale et une frégate. Puis il indique en janvier dernier sa volonté d'aller vite et invite Le Drian à inaugurer avec la frégate le deuxième canal de Suez, le 2 août prochain. L'affaire est finalement bouclée cette semaine. Vendredi dernier, les Egyptiens donnent leur accord et acceptent de soumettre le projet d'accord au président al-Sissi, qui donne son feu vert définitif ce jeudi.

 

D'autres contrats ?

Dans la soirée, le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, a remercié l'Egypte de sa "confiance" pour l'achat du Rafale et les autorités françaises, qui ont apporté au Rafale "le soutien politique sans lequel il ne peut y avoir d'exportation militaire".

L’échec de la vente au Brésil, récemment, avait été un coup rude. Mais selon les experts, cette première vente pourrait bien ouvrir la porte rapidement à d’autres marchés étrangers. Outre un méga-contrat de 126 appareils avec l'Inde, la vente de 36 Rafale est actuellement en négociations avec le Qatar, et des discussions avec les Emirats Arabes Unis entamées en 2008 se sont transformées en feuilleton mais pourraient encore aboutir. Dassault Aviation attend également que la Malaisie lance un appel d'offres pour l'acquisition de 16 avions de combat.

 

 

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