Dix-huit mois de prison pour l'agresseur du conducteur du RER A

Le trafic avait été interrompu le jeudi 29 janvier toute la journée. Le trafic avait été interrompu le jeudi 29 janvier toute la journée. [AFP]

L’agression avait été à l’origine d’une journée noire dans les transports. Le procès de l’homme suspecté d’avoir asséné un coup de tête à un conducteur de la ligne A du RER, le 28 janvier à la gare de Torcy, a eu lieu ce lundi devant le tribunal correctionnel de Meaux. Il a été condamné à 18 mois de prison dont neuf mois fermes.

 

L’agresseur présumé, âgé de 42 ans, avait été interpellé jeudi dernier dans la soirée, en état d’ébriété, dans un bar de Torcy. Il avait ensuite été placé en détention provisoire, en attendant son jugement.

Le tribunal correctionnel de Meaux a accompagné sa peine d'une obligation de soins, le prévenu étant décrit comme psychologiquement fragile et dépendant à l'alcool.

 

"Des centaines de milliers de passagers privés de transports"

"Je regrette mon geste, je ne comprends pas ce qui s'est passé", s'est excusé durant l'audience ce chômeur de 42 ans, veste de survêtement noire, barbe de plusieurs jours et cheveux coupés ras.

"Je suis désolé pour le monsieur, et je suis désolé pour tout le monde", a-t-il poursuivi, à l'adresse des centaines de milliers de passagers privés de transports sur la ligne A à cause de l'agression.

Au lendemain de l’agression, en signe de solidarité, les autres conducteurs de la ligne, qui transporte près de 1,2 million de voyageurs par jour, avaient décidé d’un "arrêt de travail spontané". La circulation n’avait repris normalement que le 30 janvier dernier.

Un agresseur à la personnalité instable

Interrogé lundi sur le motif de l'agression, le quadragénaire a dit avoir agi sous le coup de la colère. "Je n'explique pas mon geste (...) Je me suis déjà retrouvé plusieurs fois dans des situations comme ça avant, je ne m'étais pas énervé", a-t-il toutefois assuré.

Son avocat a insisté de son côté sur la personnalité instable de son client, victime d'une addiction à l'alcool. "Son geste est effectivement inacceptable, mais il n'y a eu qu'un coup, il ne s'est pas acharné", avait-il fait valoir.

 

Un casier judiciaire lourd

Une analyse à rebours du parquet, qui a réclamé une peine de 18 mois de prison, au regard de la gravité des faits" et "du casier judiciaire" de l'agresseur, déjà condamné à plusieurs reprises pour trafic de drogue et violences aggravées.

Après l'agression de leur confrère, qui avait eu le nez fracturé, les conducteurs de la ligne A avaient spontanément cessé le travail le lendemain, occasionnant des perturbations majeures sur cette ligne, la plus chargée d'Europe.

 

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