Carlton : la défense veut en finir avec les "anathèmes"

Le ministère public a requis mardi la relaxe "pure et simple" pour l'ancien directeur général du FMI. [FRANCOIS LO PRESTI / AFP]

"Ça suffit, les anathèmes!": la défense de Dominique Strauss-Kahn a pris la parole mercredi matin devant le tribunal correctionnel de Lille, mettant fin à un long silence auquel elle s'était astreinte pendant le procès pour proxénétisme dit du Carlton.

 

La tâche n'est pas si évidente pour la défense de DSK, qui n'a quasiment plus de contradicteurs à ce procès à qui s'opposer. Le procureur de la République Frédéric Fèvre a requis mardi la relaxe "pure et simple" de leur client. La veille, la plupart des parties civiles, dont les deux principales accusatrices de l'ancien patron du FMI Mounia et Jade, avaient annoncé qu'elles renonçaient à lui demander réparation.

Aucune des quatre prostituées qui se sont portées parties civiles n'était présente au tribunal mercredi matin. L'un de leurs avocats est arrivé avec une trentaine de minutes de retard.

 

Trois heures pour la défense

"Ça suffit, les anathèmes", martèle Me Frédérique Baulieu, la première des trois avocats de l'ancien patron du FMI à se lancer. Une plage de trois heures leur a été réservée.

Seule femme du trio, c'est elle qui s'est chargée de l'interrogatoire des anciennes prostituées au fil des audiences. C'est elle qui à l'entame des plaidoiries s'attaque de front au témoignage de Jade, qui a participé à deux soirées avec DSK ainsi qu'à un voyage à Washington.

 

De l’estime mais de l’incompréhension

"J'ai pour Jade une certaine estime car après une vie de fracas elle a décidé de vaincre tout cela", avance Me Baulieu.

"Mais j'ai beaucoup d'incompréhension devant cette volonté à tout prix de dire des choses qui ne sont pas vraies", ajoute-t-elle, avant d'énumérer point par point ses arguments venant contredire Jade.

 

Jade, victime de la médiatisation

Mais pour Frédérique Baulieu, Jade est une "victime de la médiatisation, des questions indignes qui lui ont été posées".

"Ce n'est pas à elle qu'il faut en vouloir. J'en veux à ceux qui ont fait d'elle ce symbole et qu'elle ne peut avoir une autre position que celle qui est la sienne", accuse l'avocate.

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