Var : la perpétuité requise contre le tueur de deux femmes gendarmes

Le suspect Abdallah Boumezaar arrive en fourgon de gendarmerie au tribunal de Toulon, le 19 juin 2012. [AFP]

La réclusion criminelle à perpétuité assortie de 30 ans de peine de sûreté, a été requise vendredi contre le principal accusé du meurtre de deux femmes gendarmes en 2012 dans le Var, et 15 ans de réclusion pour complicité contre sa compagne.

 

Egrenant les nombreuses condamnations figurant au casier judiciaire d'Abdallah Boumezaar, qui prouvent à ses yeux "sa dangerosité et sa violence", évoquant aussi son "impulsivité", l'avocat général de la cour d'assises du Var, Xavier Tarabeux, a écarté l'irresponsabilité de l'accusé, rappelant que seule une expertise sur les trois pratiquées avait mentionné une possible schizophrénie du jeune homme. 

Evoquant le cas d'Inès Farhat, 22 ans, la compagne à l'époque de l'accusé, elle aussi déjà condamnée à plusieurs reprises, M. Tarabeux a décrit une jeune femme "toujours dans l'opposition", estimant qu'elle avait pris part "sciemment" à la rixe précédant les homicides.

 

Il reconnait les faits

Abdallah Boumezaar est jugé depuis le 10 février pour le meurtre d'Audrey Bertaut, 35 ans, et l'assassinat d'Alicia Champlon, 28 ans, le 17 juin 2012 à Collobrières, à une quarantaine de kilomètres de Toulon. Inès Farhat est poursuivie pour complicité dans le premier homicide.

Ce soir-là, les deux militaires avaient été appelées pour un cambriolage et une tentative suivie d'une agression. Elles s'étaient rendues dans le logement que le couple occupait depuis peu à Collobrières.

Là, une rixe éclate, mettant aux prises le jeune homme et Audrey Bertaut. Il finit par subtiliser son arme et la tue dans l'appartement, avant de poursuivre sa collègue et de la tuer dans la rue, des faits qu'il reconnaît.

Selon l'accusation et les parties civiles, Inès Farhat a elle aussi pris part à la rixe dans l'appartement, assommant Alicia Champlon quand son compagnon se battait avec Audrey Bertaut, des accusations que les deux protagonistes ont en revanche niées farouchement tout au long des audiences.

 

"Une horreur"

Pour Xavier Tarabeux, pourtant, il n'y a aucun doute sur l'implication de la jeune femme: "Alicia Champlon n'est pas tombée toute seule".

Après avoir subtilisé son arme, l'accusé a ensuite "délibérément visé la tête" d'Audrey Bertaut, a déclaré l'avocat général, poursuivant au cours de son réquisitoire de près de deux heures et demie une description du déroulé de la soirée.

"Ce déroulement, Mme Farhat y a participé depuis le début", a lancé M. Tarabeux, rappelant aussi que selon un témoin qui essayait d'arrêter M. Boumezaar, elle s'était alors interposée. "J'aurais dû laisser le mec que t'as cambriolé t'assommer", a-t-elle écrit à son compagnon après les faits, a rappelé M. Tarabeux: "C'est bien la preuve d'une participation active".

 

La présence "très accablante" de l'ADN 

Selon l'avocat général, la jeune femme est même intervenue "sciemment": "Mme Farhat (...) ne peut pas ne pas voir que M. Boumezaar cherche à prendre l'arme d'Audrey Bertaut", a-t-il assuré, rappelant aussi la présence "très accablante" de l'ADN d'Inès Farhat sur le pantalon d'Alicia Champlon.

Après le premier homicide, Abdallah Boumezaar "prend alors la fuite, mais le premier but de cette fuite, c'est d'abattre Alicia Champlon", a poursuivi M. Tarabeux, évoquant "une horreur".

Le couple sera ensuite interpellé au cours de la nuit dans le village. Le verdict devrait être rendu dans la soirée de vendredi, après les plaidoiries de la défense.

 

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