Procès de la méthadone : les détails macabres de l'accusé

Le verdict de ce procès est attendu pour vendredi soir. (Image d'illustration)[AFP]

"Après le premier coup de scie, c'était trop tard": un homme qui comparaît à Melun pour l'empoisonnement de deux femmes a froidement expliqué jeudi pourquoi il s'était débarrassé du corps de l'une d'elle, qu'il affirme avoir retrouvé morte dans sa salle de bain.

 

"J'ai chopé la scie et j'ai commencé à découper. Je voulais pas faire ça mais après le premier coup de scie, c'était trop tard", a raconté avec assurance l'accusé, au troisième jour de son procès devant les assises de Seine-et-Marne. 

Ce marginal de 36 ans originaire de la Réunion, habitué des squats et un temps SDF à Meaux, n'est pas poursuivi pour meurtre mais pour l'empoisonnement avec de la méthadone, un substitut de l'héroïne, de deux femmes qui fréquentaient le même milieu que lui et sont décédées dans des circonstances obscures à un an d'écart. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

 

"Je l'ai vue par terre, le cou gonflé"

Rachelle, une jeune trentenaire d'origine africaine, avait été retrouvée en août 2011, son corps découpé en morceaux et en train de brûler dans un bois près de Meaux.

Après un dîner arrosé chez un ami en présence de l'accusé, cette femme décrite comme "pleine de vie" et "généreuse" termine la soirée chez lui. "On a bu deux verres, j'ai fumé un joint et je me suis endormi", raconte-t-il avec un fort accent créole. "Quand je me suis réveillé, j'avais la tête dans le cul. Dans la salle de bain, je l'ai vue par terre, le cou gonflé. J'ai paniqué direct".

"Pourquoi n'avez-vous pas appelé les secours?", questionne la présidente. "Si j'appelais, je perdais tout", explique l'accusé, déjà incarcéré par le passé pour des faits de violence.

 

Rhum arrangé aux médicaments

Il appelle pourtant un ami pour qu'il lui prête un vélo et il se rend à l'hôpital pour demander de l'aide à son ex-compagne, qui a une voiture. Sous perfusion et alors qu'elle est hospitalisée pour une grossesse "à risque", elle accepte de l'accompagner dans son appartement, où elle assistera à toute la découpe sa perfusion à la main avant de le conduire dans le bois où le corps sera brûlé. 

"Je le voyais nerveux, je voulais pas le contrarier. J'avais peur qu'il soit violent avec moi", a témoigné cette femme, jugée pour "complicité" dans la disparition du cadavre.

 

Deux morts similaires

N'ayant aucun mal à assumer l'altération du corps de Rachelle, l'accusé se montre néanmoins peu disert quand il est interrogé sur son "rhum arrangé mélangé à des médicaments" ou sur les accusations de son ancien colocataire, un ex-toxicomane qui lui reproche à la barre le vol de quatre de ses fioles de méthadone début 2011. "Soit plusieurs mois après la mort de Delphine et bien avant la mort de Rachelle", note l'avocate de la défense Sarah Desmoulin.

"Deux femmes se retrouvent dans la même situation, meurent d'un mélange de méthadone et d'alcool, et vous êtes l'un des derniers à les avoir vues. Ca doit bien vous faire quelque chose?", insiste la présidente.

 

"Deux ou trois relations sexuelles"

"Pour Rachelle, j'ai un peu de remords, ça me touche. L'autre, j'sais pas ce qui lui est arrivé", répond l'accusé. "Delphine, j'ai rien à voir avec ça. On se fréquentait, on fumait du shit ensemble et deux ou trois fois on a eu des relations sexuelles mais c'est tout."

Sur le corps de cette jeune SDF, jolie brune aux cheveux longs retrouvée morte sur les bords de la Marne en août 2010, des traces de sperme de l'accusé seront retrouvées. 

Le verdict est attendu vendredi soir.

 

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