Départementales : l’exécutif serre les rangs

François Hollande et Manuel Valls à la sortie du dernier séminaire gouvernemental avant la pause estivale, le 1er août 2014 au Palais de l'Elysée. [Dominique Faget / AFP]

Craignant une nouvelle défaite dans les urnes,  Manuel Valls et François Hollande multiplient les appels au rassemblement de leur camp.

 

Le mot d’ordre est clair. Il faut rassembler. A un peu plus d’une ­semaine du premier tour des élections départementales, dimanche 22 mars, le PS tire la sonnette d’alarme. Face à la crainte d’une victoire massive du Front national au premier tour, crédité de près de 30 % des voix, au coude à coude avec l’UMP (29 %), l’exécutif veut tenter de regrouper une famille politique qui apparaît plus que jamais divisée.

 

Les ténors se mobilisent

La tension grimpe, alors que le PS pourrait perdre jusqu’à 40 départements, selon les prévisions les plus pessimistes. Les déclarations alarmistes des ténors se sont donc multipliées ces derniers jours. Le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, a déploré mercredi un "suicide politique en ­direct", alors que le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a quant à lui condamné hier "une forme d’irresponsabilité" de la gauche "par rapport au contexte politique". Objectif : faire peur, afin de resserrer les rangs. Dans cette optique, François Hollande, lui-même, a convié mercredi une quinzaine de députés frondeurs à l’Elysée, une manière de montrer que le dialogue n’était pas rompu avec une partie de sa majorité parlementaire. ­Interrogée hier sur la portée de cette rencontre, la ­ministre de l’Education, Najat Vallaud-­Belkacem, a de son côté émis le souhait de voir "la gauche unie".

Mais ces gestes suffiront-ils à limiter une défaite annoncée ? "Ces appels arrivent un peu tard, analyse Yves-Marie Cann, directeur en charge de l’opinion à l’institut CSA. Il aurait fallu envoyer des signaux avant le dépôt des candidatures", début février. Car, alors que le FN marche seul en tête, et que l’UMP avance unie avec l’UDI, la gauche est dispersée. Dans de nombreux cantons, le PS se trouve face à des candidats écologistes, communistes ou issus du Front de gauche. La question est désormais de savoir si les sympathisants de gauche répondront à l’appel du "vote utile pour les socialistes […] les seuls à pouvoir être au deuxième tour", a ­affirmé mercredi le ministre du Travail, François Rebsamen.
 

L’après-départementales inquiète

Dans quel état le parti sera-t-il après les départementales ? Si l’échec annoncé se confirme, il sera difficile pour lui de faire table rase de ses divergences. "La réconciliation électorale ne suffira pas, ajoute Yves-Marie Cann. Ces divisions sont l’expression de l’aspiration du gouvernement à des politiques différentes, notamment sur le plan économique." Et, pour ce dernier,  l’issue des départementales pourrait être de ­nature à donner davantage de grain à moudre aux frondeurs.
Les règlements de comptes pourraient donc intervenir très vite, particulièrement lors du congrès du Parti socialiste, en juin, future grand-messe
de la gauche avant le prochain défi élec­toral des régionales, en décembre.
Le Parti socialiste parviendra-t-il à contenir ses tensions internes ?
Pour Yves-Marie Cann, "le jeu reste encore très ouvert. Mais des compromis ­seront nécessaires".

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