Les quotas laitiers prennent fin

Stéphane Le Foll dans le Finistère le 19 avril 2013. [FRED TANNEAU /AFP / Archives]

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a défendu le modèle français face au risque de dérégulation de la production laitière en Europe, alors que prendront fin mardi soir les quotas de production par pays.

 

L'Union européenne tourne le 1er avril la page de 31 années d'encadrement de la production laitière, décision actée et anticipée depuis 2008 au niveau communautaire.

"C'est un choix de libéralisation, on ne va pas revenir dessus", a déclaré le ministre à l'AFP mardi. "Mais on a permis aux producteurs de s'organiser entre eux et maintenu un filet de sécurité avec la possibilité d'apporter des restitutions (dédommagements) en cas de détérioration grave du marché", a-t-il souligné.

 

Les producteurs encouragés à se regrouper

Alors que plusieurs pays du Nord, dont l'Allemagne ou les Pays-Bas, optent pour des fermes à grande échelle et l'industrialisation de la production, en France, les producteurs ont été encouragés à se regrouper en GAEC (groupements agricoles d'exploitation en commun), a-t-il rappelé.

"Loin des fermes-usines, on arrive ainsi à des groupements de 400 vaches capables de produire jusqu'à un million de litres. Mais chacun reste en capacité d'assurer son autonomie fourragère. Ce système permet de se satisfaire d'une rentabilité plus faible que dans le cas des fermes-usines qui nécessitent d'importants investissements", a relevé M. Le Foll.

 

"De graves risques sanitaires"

En comparaison, le modèle des fermes industrielles ne lui paraît pas une garantie d'avenir. "Le gigantisme fait peser de graves risques sanitaires sur le troupeau et l'exploitation reste étroitement dépendante de la volatilité des prix de l'alimentation animale", a critiqué le ministre.

De quelque 400.000 exploitations laitières en 1986, la France est passée à 68.000 aujourd'hui, pour une production annuelle de 24 milliards de litres.

 

Des opérations "feux de détresse" mardi

"En tant que député européen, j'avais voté contre la fin des quotas en 2008", a rappelé M. Le Foll, dont trois tentatives de faire rouvrir le débat à Bruxelles depuis son arrivée au ministère, en 2012, 2013 et de nouveau fin 2014, sont restées vaines.

"Clairement, il n'y a pas de majorité en Europe pour revenir sur la fin des quotas", a-t-il noté. La Coordination rurale (syndicat agricole minoritaire) organise mardi des opérations "feux de détresse" en plusieurs points du territoire, devant les laiteries notamment, pour dénoncer "l'abandon des producteurs".

 

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