"Fichage" des élèves musulmans à Béziers : perquisition à la mairie

Le maire de Béziers Robert Ménard.[Sylvain Thomas / AFP/Archives]

Après la révélation lundi soir par Robert Ménard de l’existence de statistiques sur la proportion d’enfants musulmans à Béziers, le parquet de la ville a ouvert mardi 5 mai une enquête préliminaire pour "fichage illégal" et une perquisition est actuellement en cours à la mairie.

 

La polémique n’est pas éteinte. Suite aux déclarations du maire de Béziers Robert Ménard lundi soir dans "Mots croisés" de France 2 et mardi sur BFMTV, une perquisition était en cours mardi après-midi dans la mairie de Béziers.

S’appuyant sur l’article 226-19 du Code pénal, le parquet de Béziers a, par ailleurs, ouvert mardi  matin une enquête préliminaire pour "fichage illégal".

"Mettre ou conserver en mémoire informatisée, sans le consentement exprès de l'intéressé, des données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou les appartenances syndicales des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à l'orientation sexuelle de celles-ci, est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende", est-il écrit.

 

"Dans certaines écoles, il y a plus de 80% d'enfants immigrés, presque 100%"

Lundi soir, Robert Ménard avait déclenché une vive polémique après avoir annoncé sur France 2 qu’il comptabilisait les enfants de "confession musulmane" de Béziers, la ville dont il est maire. "Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants. Je sais que je n'ai pas le droit mais on le fait. Les prénoms disent les confessions. Dire l'inverse, c'est nier une évidence", a-t-il expliqué.

Mardi matin, le maire de Béziers a confirmé sur BFM TV ses propos tenus la veille. "Dans certaines écoles, il y a plus de 80% d'enfants immigrés, presque 100%, là vous n'intégrez plus personne! (...) Les 2/3 des élèves en maternelle et primaire, dans le public, sont des enfants issus de l'immigration : c'est trop!".

Ces déclarations ont suscité de multiples réactions. "Il y a des principes dans la République et quand ils sont gravement atteints, les tribunaux en sont saisis et des sanctions seront prononcées par les juges compétents", a déclaré depuis le Qatar François Hollande. Le Premier ministre Manuel Valls et la ministre de la Justice Christiane Taubira ont notamment réagi via Twitter.

 

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