Surmortalité record cet hiver à cause de la grippe

Une rue de Bordeaux, le 8 janvier 2014 [Jean-Pierre Muller / AFP/Archives]

Avec un nombre de 18.300 décès en France, l'épidémie de grippe de "forte ampleur", qui a durement frappé les personnes âgées, a contribué à une surmortalité hivernale record, selon le bilan définitif de l'Institut de veille sanitaire (InVS) publié ce vendredi 22 mai.

 

Il s'agit de l'excès de mortalité le plus élevé depuis la mise en place du système d'évaluation de l'excès de décès hivernal, c'est-à-dire depuis l'hiver 2006-2007. Dominée par des virus A/H3N2 (dont une partie n'était pas couverte par le vaccin), l'épidémie a conduit 2,9 millions de personnes à consulter pour syndrome grippal.

En première ligne des victimes, les plus de 65 ans, qui représentent 90% de cette surmortalité record, toutes causes confondues, enregistrée durant les neuf semaines de l'épidémie (entre les semaines du 12-18 janvier et du 9-15 mars 2015).

 

La grippe à l'origine de plus de 30.000 passages aux urgences

"La grippe, c'est une maladie grave chez les personnes âgées", rappelle le Dr François Bourdillon, directeur général de l'InVS. L'épidémie a eu un "impact important" : près 30.000 passages aux urgences ayant entraîné 3.133 hospitalisations, dont 47% chez les plus 65 ans.

Une surmortalité, avec un excès de 90.000 décès, a également été observée dans 13 des 15 pays participant au projet européen de surveillance de la mortalité. Mais les comparaisons scientifiques sont difficiles à établir, faute de disposer de certaines données comparables (durée de l'épidémie, pourcentage des + 65% dans la population par région et/ou pays...), explique le Dr Bourdillon.

La précédente évaluation (de 12.300 décès) de l'InVS pour cette épidémie n'englobait pas 100% de la mortalité à l'échelle nationale.

 

Une grippe plus virulente

"Ce n'est pas la plus forte des épidémies de grippe par rapport aux 30 dernières années", relève cependant le Dr Bourdillon, même si son ampleur est l'une des plus élevées (14e rang) observée sur cette longue période. "Par contre, avec le virus H3N2, les épidémies sont plus graves et donnent plus de complications chez les personnes âgées, notamment  chez celles souffrant déjà d'autres maladies", poursuit-il.

Selon une modélisation InVS, sur la période 2000-2009, en épidémie normale, si l'on avait 75% de vaccinés chez les +65 ans on éviterait 3.000 décès sur la mortalité hivernale", selon le patron de l'InVS.

 

Les collectivités de personnes âgées moins touchées

Dans les collectivités de personnes âgées/Ehpad (maisons de retraite), plus touchées que les hivers précédents, le nombre de grippés hospitalisés (7%) ou décédés (3%) est resté stable, malgré "un virus plus agressif et plus virulent".

"C'est un premier élément d'efficacité de la prévention dans les Ehpad, grâce aux vaccins (83% des résidents âgés vaccinés) et aux mesures +barrières+ utilisées par le personnel (gel hydroalcoolique, masques...)", note-t-il.

 

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