Vincent Lambert : la décision de la CEDH suscite de nombreuses réactions

La mère de Vincent Lambert, Viviane, apprenant la décision des magistrats de la Cour Européenne des Droits de l'Homme vendredi. [PATRICK HERZOG / AFP]

La décision de la CEDH, validant l'arrêt de la nutrition pour Vincent Lambert, suscite de nombreuses réactions. Si certains saluent une décision "sage", d'autres estiment que cet arrêt remet au cause un interdit civilisationnel fondamental.

 

Vendredi en fin de matinée, la Cour Européenne des Droits de l'Homme a rendu par douze voix contre cinq une décision favorable à l'interruption de la nutrition de Vincent Lambert, 38 ans, en état pauci-relationnel depuis un grave accident de voiture survenu en 2008.

L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, s'est dite soulagée, tandis que son ex-médecin évoquait une "décision sage et courageuse". De son côté, l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) se félicite également de cet avis, même si elle déplore que le décès de Vincent Lambert ne puisse survenir rapidement, faute d'une législation adaptée sur l'euthanasie en France : "Il devra être sédaté, dénutri et déshydraté et il faudra attendre qu’il meure d'épuisement" a commenté l'association.

 

 

Conclusion "effrayante"

La décision de la CEDH a suscité parallèlement de nombreuses réactions indignées, à commencer par celle de la mère du jeune homme, Viviane, qui a fait part de son intention de "rester(...) aux côtés de Vincent".

Les cinqu juges dissidents ont fait savoir pour leur part qu'il s'agissait selon eux d'une conclusion "effrayante" dans laquelle il voit "un pas en arrière dans le degré de protection que la Convention et la Cour ont jusqu'ici offerte aux personnes vulnérables". La CEDH ne peut plus porter le titre de "conscience de l'Europe" concluent-ils.

Plus tard, la Fondation Jérôme Lejeune, engagée en faveur de maintien en vie de Vincent Lambert, a réagi peu après. "Aujourd’hui nous sommes vraiment inquiets que des personnes comme Vincent Lambert, tétraplégiques et en état de conscience altérée, ne soient plus protégées par la Convention. Il devient licite de supprimer la vie des personnes handicapées. C’est un tournant majeur dans l’histoire des droits fondamentaux". a déclaré Jean-Marie Le Méné, son président.

De son côté, Tugdual Derville, président d'Alliance Vita, partage cette préoccupation. Selon lui, la décision de la CEDH remet en cause "l'interdit de tuer".

 

 

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et primat des Gaules, a lui aussi fait par de sa préoccupation sur Twitter

 

 

Pour la partisans du maintien en vie de Vincent Lambert, le dernier espoir consiste à obtenir des autorités la possibilité de faire prendre en charge le jeune homme dans un établissement spécialisé qui accepterait de le prendre en charge. 1.700 personnes seraient aujourd'hui dans un état comparable à celui de Vincent Lambert en France. 

 

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