Perpignan : Rançon avoue un autre crime

Le spectre d'un tueur en série avait secoué la ville catalane à la fin des années 1990.[RAYMOND ROIG / AFP]
Près de vingt ans après les faits, l’énigme des meurtres barbares de la gare de Perpignan pourrait connaître son épilogue. 
 
 
Jacques Rançon, déjà mis en examen l’an dernier pour l’assassinat en 1997 de Mokhtaria Chaïb, une étudiante de 19 ans, a reconnu cette semaine en garde à vue être également responsable de la mort de Marie-Hélène Gonzales. Le corps de cette jeune femme de 22 ans avait été retrouvé en 1998, affreusement mutilé.
 
Alors qu’il a été mis en examen la semaine dernière pour une autre agression datant de 1998, toujours sur une jeune femme, et toujours à Perpignan, Jacques Rançon a reconnu «spontanément» devant les enquêteurs être le meurtrier de Marie-Hélène Gonzales, selon son avocat. Et ce, alors que le quinquagénaire, ancien cariste-magasinier, avait jusqu’à présent nié toute implication dans ce dossier.
 
L’enquête fait donc aujourd’hui un bond en avant, mais la mort de Tatiana Andujar reste encore à éclaircir.  La lycéenne de 15 ans avait disparu dans des circonstances similaires en 1995, près de la gare de Perpignan, et n’a jamais été retrouvée. A cette époque, Rançon, condamné pour viol, était en prison. 
 

Après des années de fausses pistes et de déception, l'une des principales énigmes criminelles des années 1990 en France est en passe d'être résolue, au moins en partie car Rançon était en prison lorsque  Tatiana Andujar a disparu et il n'a pas pu la tuer.

 

"Nous avions raison d'espérer"

Me Etienne Nicolau, défenseur des familles des victimes et de celle de Tatiana Andujar, a fait part à l'AFP de sa "très grande satisfaction de voir le mystère en grande partie élucidé: cela veut dire que nous avions raison d'espérer pendant toutes ces années".

"La famille Gonzales est partagée entre un sentiment de gratitude à l'égard des enquêteurs et juges d'instruction, de soulagement par la mise hors d'état de nuire d'un dangereux criminel, et d'un mélange de souffrance et de haine à l'égard de l'auteur du crime horrible dont leur fille a été victime", a-t-il ajouté.

Dans le dossier de Mokhtaria Chaïb, Rançon, inscrit au fichier des empreintes génétiques, avait été confondu en octobre 2014 par son ADN. Les progrès scientifiques avaient permis de le découvrir sur une chaussure de la victime. Le 16 octobre 2014 il avouait et était mis en examen pour "viol avec arme en récidive et assassinat". Il devait ensuite se rétracter en mars.

 

Sous pression dans un autre dossier 

La similarité des faits et la présence de Rançon à Perpignan, en 1998 comme en 1997, poussait à un rapprochement entre les meurtres de Mlles Chaïb et Gonzales, mais Rançon avait nié toute participation au deuxième meurtre jusqu'à ce début de semaine.

Le cariste-magasinier venait d'être mis sous pression dans un autre dossier la semaine passée. Placé en garde à vue et interrogé sur l'agression en 1998 d'une femme alors âgée de 19 ans, également à Perpignan, il a fini par avouer.

La victime avait reçu plusieurs coups de couteau au ventre, manquant de peu d'être égorgée avant de réussir à lui échapper. Il a été mis en examen dans cette affaire pour "tentative d'assassinat", vendredi dernier.

 

Des dossiers regroupés ?

Me Capelet n'a pas été surpris par ses nouveaux aveux. "Objectivement, cela fait depuis la semaine dernière que l’affaire pouvait évoluer dans ce sens-là", a-t-il déclaré sur iTELE. Pour Me Nicolau, qui défend aussi la jeune femme agressée en 1998, "les différents dossiers judiciaires, déjà suivis par les même enquêteurs et le même juge devraient bientôt être officiellement regroupés".

Rançon avait déjà été condamné à huit ans de prison à Amiens, en 1994, pour viol. En octobre 2013, il avait encore écopé d'un an pour menaces de mort sur son ex-concubine, mère de ses deux enfants. Il avait été libéré en juillet 2014 après neuf mois de prison.

 

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