Paris : des migrants investissent une caserne abandonnée

Des migrants, porte de La Chapelle, le 8 juin 2015. (Illustration).[JOEL SAGET / AFP]

Environ 300 personnes, dont environ une centaine de migrants, ont quitté jeudi le jardin associatif du "Bois Dormoy", à Paris, pour s'installer dans une caserne de pompiers désaffectée à quelques centaines de mètres de là. 

 

Ils ont investi vers 18H30 la caserne Château-Landon, bâtiment de quatre étages en briques blanches et rouges situé près de la Gare du Nord (10e arrondissement) et désormais utilisé par l'Armée du Salut pour distribuer des repas. "L'idée est de s'installer ici en attendant des propositions" d'hébergement, a déclaré Emmanuelle Becker, conseillère PCF de Paris, en affirmant que les migrants resteront dans ces lieux "le temps qu'il faudra".

Les migrants s'étaient installés durant la nuit de lundi à mardi dans le jardin associatif du "Bois Dormoy", dernière étape d'une errance débutée pour certains le 2 juin avec le démantèlement du campement de La Chapelle. Environ 170 d'entre eux ont passé la nuit de mercredi à jeudi au "Bois Dormoy", selon des militants présents.

 

Une grande confusion

Le déplacement jusqu'à la caserne s'est opéré dans la plus grande confusion. Les soutiens aux migrants, issus de tendances politiques et associatives diverses, n'arrivaient pas à se mettre d'accord sur la destination, certains échangeant même des coups."Des individus irresponsables" qui, "depuis plus d'une semaine, instrumentalisent cyniquement la situation dramatique dans laquelle se trouvent les migrants à des fins purement politiciennes", ont tancé le ministre de l'Intérieur et la maire de Paris dans un communiqué commun.

"Les pouvoirs publics ont renouvelé ce soir leur offre d'hébergement aux migrants présents dans ce square. A la demande de la Ville de Paris, la Préfecture de police a mis à disposition des bus permettant aux migrants de rejoindre ces hébergements", expliquent Bernard Cazeneuve et Anne Hidalgo.

Ces "individus irresponsables se sont interposés et ont fait évacuer le bus dans lequel les migrants avaient pris place, pour leur faire gagner une caserne désaffectée et insalubre, présentant qui plus est des risques majeurs pour ses occupants, déplorent-ils. "La situation des migrants commande une attitude de responsabilité", insistent le maire et la ministre.

Présent sur place, Julien Bayou, porte-parole national d'EELV, a de son côté affirmé que "contrairement à ce qui se dit, il y a peu d'excités et une grosse centaine de personnes de tous âges en soutien"."C'est incroyable de voir l'incapacité de la ville et de l'Etat à gérer la situation autrement que par la violence,quitte à laisser pourrir la situation", a-t-il ajouté.

 

 

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