Corse : les recherches suspendues à cause du mauvais temps

Interruption des recherches en Corse après la disparition d'un groupe de randonneurs sur le GR20 [PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP]

Les recherches d'au moins deux disparus dans l'accident de montagne qui a causé la mort de quatre randonneurs français et belge, mercredi sur le GR20, en Haute-Corse, sont suspendues pour plusieurs jours en raison des mauvaises conditions météorologiques, ont indiqué samedi les services de secours.

 

Les recherches par les gendarmes et les pompiers de haute-montagne dans le crique de I Cascittoni (les grosses caisses) ne devraient pas reprendre avant mercredi prochain, a-t-on précisé au poste de commandement des secours dans la station de ski d'Asco.

Elles avaient été suspendues vendredi à la mi-journée en raison d'un fort vent, d'averses de pluie et du brouillard empêchant les hélicoptères de poursuivre leurs rotations et rendant le travail des secouristes trop périlleux.

 

Le cirque de la solitude

Des équipes de secouristes avaient été déposées par hélicoptère de mercredi après-midi à vendredi matin, dans I Cascittoni, rebaptisées en français "cirque de la solitude" pour des raisons touristiques, depuis Asco, au pied du Monte Cinto (2.706 m), point culminant de la Corse.

Une soixantaine de personnes participent aux recherches et à la sécurisation du site, fermé aux randonneurs depuis mercredi.

 

Plus d'espoir de retrouver des survivants

Les disparus, que les sauveteurs n'ont pas d'espoir de retrouver vivants, sont deux personnes qui pourraient avoir été ensevelies dans une coulée de boue de pierres et de neige d'environ 200 mètres de long, provoquée par un violent orage.

Il s'agit d'un Montpelliérain âgé de 33 ans parti avec deux amis sur le GR20 dont l'un a été tué et l'autre blessé.

Le second disparu est un homme de 62 ans, Bernard Curien, résidant à Nancy et qui parcourait le GR20 avec un ami Nancéen, Jean Lederlin, 65 ans, qui fait partie des quatre morts dont les corps ont été retrouvés.

Un Belge de 25 ans, Thibault Matton, figure aussi parmi les quatre morts, les deux autres, dont une femme, étant Français.

Deux blessés graves, un Belge de 25 ans et un Français de 40 ans, étaient toujours hospitalisés à Bastia. Deux autres personnes ont été moins grièvement blessées.

 

Un terrain dangereux 

Au-delà de la difficulté naturelle du terrain de ce cirque aux parois verticales, à la roche souvent friable, la mission des sauveteurs - qui travaillent beaucoup en rappel avec des cordes et des équipements d'escalade - est rendue très dangereuse par l'instabilité des sols glissants et gorgés d'eau par les pluies, selon le commandant du groupement de gendarmerie de Haute-Corse, le colonel Didier Rahmani.

I Cascittoni, à environ 2.000 m d'altitude, constituent un passage très technique et le plus difficile du chemin de grande randonnée 20 qui traverse la Corse par les sommets. Leur franchissement exige, au-delà d'une capacité élevée d'endurance et d'un bon équipement, des aptitudes confirmées à l'escalade.

Une enquête ouverte par le parquet de Bastia a été confiée, pour le volet technique, au Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) et, au plan purement judiciaire, à la brigade de recherches de Corte.

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