Quelques taxis résistent encore Porte Maillot

Les mobilisations des taxis jeudi ont parfois terminé dans la violence. [THOMAS SAMSON / AFP]

Les chauffeurs de taxis en colère contre l'application UberPOP ont levé dans la nuit de jeudi à vendredi le blocage des gares et aéroports parisiens, mais en tout début de matinée une quarantaine stationnent toujours porte Maillot, à proximité d'un important dispositif policier, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

"Les chauffeurs ont décidé de maintenir le mouvement, car on n'a rien eu, seulement des choses qui réglementent le travail au noir qui est de toute façon interdit", a expliqué sur RMC Khalid, chauffeur de taxi à Paris et membre de la délégation qui a rencontré jeudi soir le ministre de l'Intérieur.

"A la base, notre revendication, c'est le combat contre les VTC (voitures de transport avec chauffeur). Notre parole en tant que chauffeurs n'a pas été transmise par nos syndicats", a-t-il déploré.

 

Reprendre le travail

Ses propos ont été applaudis par les dizaines de chauffeurs de taxi présents porte Maillot, dans l'ouest parisien. Un discours, toutefois, qui n'est pas partagé par l'ensemble des taxis, dont plusieurs organisations ont appelé leurs adhérents à reprendre le travail dès vendredi matin, estimant avoir obtenu "des gages suffisants" des autorités.

A l'inverse d'UberPOP, dont le service est jugé illégal par le gouvernement, les VTC sont reconnus officiellement. La porte Maillot a été jeudi le théâtre d'incidents parfois violents, lorsque des taxis ont pris d'assaut et incendié deux VTC provoquant l'intervention des forces de l'ordre.

"On est nombreux à trouver inadmissible ce qui s'est passé hier, mais il y a toujours des irréductibles, des énervés", a glissé vendredi matin à l'AFP un taxi sous couvert de l'anonymat.

 

Blocus levé

A Paris, le blocus des taxis devant les gares a été levé, comme à la gare du Nord, où des taxis travaillaient normalement vendredi matin. Le trafic était normal devant les aéroports d'Orly et Roissy.

"Les accès routiers sont fluides", "les chauffeurs de taxis ne bloquent pas, ils sont rassemblés sur leur zone réservée", a-t-on précisé de source aéroportuaire à Roissy.

François Hollande et le gouvernement ont réaffirmé jeudi leur volonté de faire fermer UberPOP, à l'issue d'une journée de mobilisation émaillée de violences qui a vu près de 3.000 taxis en colère bloquer gares et aéroports en France pour dénoncer la "concurrence sauvage" de l'application mobile.

 

Dix interpellations

Dans toute la France, dix personnes ont été interpellées jeudi "dans le cadre des débordements observés lors des manifestations des chauffeurs de taxi", sept policiers ont été blessés, et 70 véhicules dégradés, selon Bernard Cazeneuve.

UberPOP revendique 400.000 utilisateurs en France. Mais ses chauffeurs ne payent ni cotisations ni impôts, n'ont pas suivi les 250 heures de formation nécessaires et ne sont pas assurés professionnellement.

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