Attentat du Bardo : une famille française va attaquer la Tunisie en justice

La famille d'une Française originaire du Loiret, tuée dans l'attentat du musée du Bardo à Tunis, va porter plainte contre l'État tunisien. Image d'illustration. [FETHI BELAID / AFP / Archives]

La famille d'une Française originaire du Loiret, tuée dans l'attentat du musée du Bardo à Tunis, va porter plainte contre l'État tunisien, responsable à ses yeux d'avoir "négligé la sécurité des touristes", a indiqué lundi son avocat, confirmant une information de RTL.

 

"L'État tunisien a négligé la sécurité des touristes dans l'un des lieux les plus visités du pays", a déclaré à l'AFP Philippe de Veulle, l'avocat de la famille.

"Il y avait un devoir de précaution qui n'a pas été respecté", a-t-il ajouté, relevant "le manque flagrant de gardes ce jour-là".

 

Dix-neuf tués

Dix-neuf personnes, dont 17 touristes étrangers et deux Tunisiens, avaient été tuées le 18 mars en plein Tunis, dans une attaque d'hommes armés contre le musée du Bardo, la première à viser des étrangers depuis la révolution tunisienne de 2011.

Les assaillants, vêtus d'uniformes militaires, avaient ouvert le feu sur les touristes alors que ces derniers descendaient de leurs bus, puis ils les avaient pourchassés à l'intérieur du musée. Parmi les victimes, quatre étaient de nationalité française.

Le parquet de Paris a ouvert le 28 avril une information judiciaire pour "assassinat en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste", une procédure classique dès lors que des ressortissants nationaux figurent parmi les victimes. Onze personnes se sont constituées parties civiles dans le cadre de cette procédure.

 

Après le Bardo, l'attentat de Sousse

La Tunisie fait face depuis la révolution de 2011 à une progression de la mouvance jihadiste responsable de la mort de dizaines de soldats et de policiers, et de 59 touristes. Le pire attentat jihadiste de l'histoire du pays a eu lieu le 26 juin dans un hôtel près de Sousse (centre-est), où 38 touristes ont été tués.

Le pays est aussi confronté au chaos grandissant en Libye voisine où des groupes armés s'affrontent depuis des mois, y permettant notamment l'émergence de l'organisation État islamique. Selon les autorités tunisiennes, les deux assaillants du musée du Bardo ont ainsi été formés aux armes en Libye.

 

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