Egorgée de Perpignan : la piste du drame passionnel

Le petit ami de la victime, âgé de 18 ans, s'est présenté de lui-même au commissariat de Perpignan après minuit.[RAYMOND ROIG / AFP]

Le petit ami de la jeune fille retrouvée morte égorgée mardi dans un parc de Perpignan a été placé en garde à vue après s'être présenté dans la nuit à la police et l'enquête s'orientait vers un drame passionnel, a déclaré mercredi la justice.

 

La victime, mineure selon le procureur, avait été découverte égorgée et atteinte de plusieurs coups de couteau dans un parc attenant au lycée Aristide Maillol de la ville, à une semaine de la rentrée. "Son petit ami, âgé de 18 ans, s'est présenté de lui-même au commissariat de Perpignan après minuit", a expliqué le procureur Achille Kiriakidès interrogé par l'AFP par téléphone.

Il a été placé en garde à vue pour une durée de 24 heures renouvelable pouvant aller jusqu'à 48 heures. Le procureur n'a pas voulu dire à ce stade des investigations si le jeune homme avait avoué avoir tué la victime et quels étaient exactement ses motifs. Mais, a-t-il déclaré, "il y a suffisamment d'éléments pour le mettre en garde à vue et il avait suffisamment d'éléments pour venir s'expliquer".

La piste du crime crapuleux ou d'un rôdeur parait en tout cas pouvoir être écartée. "Dans la mesure où c'est le petit ami on peut présumer que ce n'est pas crapuleux. On est plutôt sur quelque chose qui est en lien avec la relation qui existait entre eux", a expliqué M. Kiriakidès. La victime comme son petit ami sont des gens de Perpignan.

Ces informations ont été confirmées de source policière sans qu'aucun autre élément ne soit fourni.C'est la police, apparemment alertée, qui a découvert le corps de la jeune fille âgée d'environ 17 ans mardi vers 17H00 dans un parc attenant au lycée Maillol de Perpignan, très fréquenté par les joggeurs. Il gisait à 2 mètres en contrebas d'un ruisseau. Les policiers ont constaté qu'elle avait été, non seulement égorgée mais aussi lardée de coups de couteau en particulier au visage, au torse et au cou.

   

Le souvenir des "disparues de Perpignan"

Le lieu de la découverte macabre est situé dans le quartier du Haut Vernet, un quartier résidentiel du nord de Perpignan, plutôt populaire et pavillonnaire.

La police scientifique, le maire Jean-Marc Pujol, la préfète des Pyrénées Orientales Josiane Chevalier et le procureur Kiriakidès s'étaient rapidement rendus sur place alors que les forces de l'ordre maintenaient à distance des dizaines de badauds. La préfecture des Pyrénées-Orientales a déjà été ébranlée ces dernières années par l'affaire des "disparues de Perpignan".

Un cariste-magasinier de 54 ans au lourd passé de délinquant sexuel, Jacques Rançon, a été incarcéré à l'automne 2014 dans ce dossier concernant trois jeunes femmes disparues à la fin des années 1990. Il a avoué le viol et le meurtre en 1997 de Mokhtaria Chaïb, une étudiante de 19 ans dont le corps avait été retrouvé affreusement mutilé.

Après 18 ans d'enquête, il a également avoué en juin - après avoir été confondu par son ADN - le meurtre dans des conditions similaires de Marie-Hélène Gonzales, 22 ans, disparue en 1998. Une troisième jeune femme, Tatiana Andujar, une lycéenne de 17 ans, avait été la première à disparaître en septembre 1995. Elle n'a jamais été retrouvée. M. Rançon est aujourd'hui interné en hôpital psychiatrique.

 

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