Réforme du collège : ministère et syndicats campent sur leurs positions

La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, en mai 2015 La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, en mai 2015[N.REVELLI-BEAUMONT/SIPA POUR DIRECT MATIN]

L'année scolaire qui commence s'annonce agitée. A un an de l'entrée en vigueur de la réforme du collège, plusieurs syndicats majeurs continuent d'afficher leur hostilité à la loi, tandis que la ministre de l'Education nationale ne cesse de ré-affirmer sa détermination à la voir appliquée.

 

La nouvelle organisation du collège n'entrera en vigueur que l’an prochain, mais elle déchaine déjà les passions depuis plusieurs mois. Najat Vallaud-Belkacem a réaffirmé lundi 31 août, dans un entretien au Parisien, sa détermination à mener à terme cette réforme, qui prévoit notamment plus d’interdisciplinarité et l’apprentissage d’une seconde langue dès la 5e. Elle a déploré un "malentendu", "comme si tout venait d’en haut alors que chaque mesure a été inspirée par le terrain". "Le projet est préparé depuis la loi de refondation de 2013, avec les organisations syndicales", a-t-elle ainsi précisé.

 

Des syndicats divisés

De fait, la ministre peut compter sur le soutien du syndicat SE-Unsa, qui soutient la réforme. "Je ne crois pas une minute à une marche arrière", a en effet déclaré son secrétaire général lors de sa conférence de rentrée, jeudi 27 août. "Dans les collèges, les collègues sont divisés", a-t-il expliqué ; "une partie, et à mon avis la majorité d'entre eux, ont intégré la réalité, c'est-à-dire que cette réforme allait se mettre en œuvre. Le décret, l'arrêté et la circulaire ont été publiés, les formations vont démarrer".

Mais le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, reste de son côté hostile à la loi, et réunit dès le mardi 1er septembre une intersyndicale pour discuter d’une nouvelle grève en septembre et d’une manifestation en octobre. "Quoi qu'en dise la ministre, le dossier n'est évidemment pas clos. Il n'est pas question que la réforme se mette en place en l'état à la rentrée 2016", a ainsi déclaré sa co-secrétaire général. Selon elle, il est toujours possible de changer les textes de la réforme, publiés au Journal officiel en mai. Elle a rappelé l’exemple du calendrier scolaire, qui a été revu.

Les syndicats hostiles à la réforme craignent notamment la disparition du latin et du grec, qui seront intégrés à un enseignement interdisciplinaire sur les langues et cultures de l’antiquité. Plus généralement, l’interdisciplinarité comme méthode pédagogique est critiquée par de nombreux professeurs, qui s’inquiètent de voir ces enseignements transversaux empiéter sur les horaires de chaque discipline. Enfin, les détracteurs de la réforme déplorent la suppression des classes européennes et bilangues, considérées comme coûteuses et élitistes par le ministère.

 

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