Des vignes de Chablis touchées par la grêle

Le viticulteur Louis Moreau dans ses vignobles endommagés par la grêle, le 1er septembre 2015 à Chablis  [ERIC FEFERBERG / AFP] Le viticulteur Louis Moreau dans ses vignobles endommagés par la grêle, le 1er septembre 2015 à Chablis [ERIC FEFERBERG / AFP]

Lancer les vendanges le plus tôt possible, c'était le mot d'ordre partagé mardi par les viticulteurs de Chablis à Irancy (Yonne), qui s'activaient pour sauver leur année après un violent orage de grêle qui a "mâché" certaines de leurs parcelles.

 

"Il faut sauver la récolte et agir tout de suite", explique le président de l'appellation des producteurs de Chablis, Frédéric Gueguen, à la tête de 23 hectares de vignes. Initialement prévues lundi, les vendanges pourraient débuter par endroits dès mercredi. Dans certaines vignes, les conséquences du violent orage de grêle, qui s'est abattu dans la nuit de lundi à mardi sur un "couloir" allant d'Irancy à Chablis, sautent aux yeux: feuillage troué, grains de raisins tombés à terre ou éclatés.

"A 1H30, de gros grêlons sont tombés pendant près de dix minutes, avec beaucoup d'eau", raconte M. Gueguen. Selon la propriétaire du domaine Vaugerlain à Courgis (Yonne), Eugénie Alves, il est tombé "75 millimètres de pluie" en quelques heures.

 

C'est trop tard pour que ça cicatrise

Après un été chaud et sec, les viticulteurs, comme Concepcion Georges à Courgis, "pleuraient" l'eau. "Mais c'est au-delà de ce qu'on espérait et, à une semaine de la cueillette, on ne peut rien faire. C'est trop tard pour que ça cicatrise", déplore Mme Georges, partagée entre émotion et colère en voyant "dix mois de travail" réduits à néant.

"On ne sait pas ce qui va pouvoir être sauvé. Je ne suis pas sûre d'avoir une demie-récolte alors que tout était sain", se désole-t-elle.

 

Craintes de pourrissement

Quelques heures après les averses, les viticulteurs en étaient encore à mener un examen de leurs parcelles.

Des vendangeurs, le 1er septembre 2015 à Chablis  [ERIC FEFERBERG / AFP]
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Des vendangeurs, le 1er septembre 2015 à Chablis
 

 

Certains arpentaient les rangs pour faire un état des lieux, appareil photos à la main, en attendant l'expert pour ceux qui sont assurés. La pluie a cessé de tomber dans l'après-midi, laissant place à de chaudes éclaircies.

Paradoxalement, cela ne réjouit guère M. Gueguen: "Le soleil chaud, c'est très mauvais", car cela pourrait accélérer le pourrissement des grappes endommagées. La grêle a touché un secteur "très localisé", souligne un des responsables du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) à Chablis, Louis Moreau.

"C'est une minorité du vignoble qui est touchée, soit 10 à 15%, mais malheureusement, sur le Chablis, c'est la belle partie avec les Grands crus et quelques premiers crus", ajoute-t-il.

Le vignoble chablisien s'étend sur un peu plus de 5.400 hectares. En 2014, la récolte a été d'un peu plus de 308.000 hectolitres, soit l'équivalent de 40 millions de bouteilles.

 

Solidarité

Il s'agit désormais d'agir dans l'urgence. Dans les hangars, on prépare les machines à vendanger qui vont être remises en route dans les jours à venir et les domaines mobilisent leurs équipes de vendangeurs.

Les vignobles "Montée de Tonnerre", endommagés par la grêle, le 1er septembre 2015 à Chablis [ERIC FEFERBERG / AFP]
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Les vignobles "Montée de Tonnerre", endommagés par la grêle, le 1er septembre 2015 à Chablis
 

 

"Il y a une solidarité: les viticulteurs qui vont vendanger plus tard peuvent prêter du matériel et les vendangeurs se disent prêts à venir donc ça se passe plutôt bien mais il faut prévoir toute la logistique derrière", explique Guillaume Michel, gérant des 25 hectares du domaine familial à Chablis.

"Il est trop tôt pour dire si la qualité sera impactée mais on va tout faire pour produire du bon vin: il y aura beaucoup de tri, beaucoup de précaution en cuverie et en vinification", poursuit-il.

 

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