Tué après une "guerre des regards" : 30 ans requis

Le véhicule de la victime avait essuyé cinq coups de feu, dont l'un, mortel, l'a atteint à la tête.[AFP]

Une peine de 30 ans de réclusion criminelle a été requise vendredi à l'encontre de Youssef Loukil, accusé d'avoir tué Clément Hérisson, 24 ans, en 2012 à Angerville (Essonne), alors qu'il discutait dans une voiture avec un ami d'enfance.

 

M. Loukil, 35 ans, jugé depuis lundi à Evry devant la cour d'assises de l'Essonne, encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour assassinat et tentative d'assassinat. L'avocat général, Christophe Le Petitcorps, a également requis dix années de suivi socio-judiciaire, assorties d'une peine de deux ans de prison en cas de non-respect.

En dépit du témoignage parfois imprécis de Farouk, 28 ans, qui accompagnait Clément, la quantité importante de poudre retrouvée dans la voiture de l'accusé, décrite comme un "véritable stand de tir", ne laisse "pas de doute raisonnable" quant à sa culpabilité, a estimé l'accusation.

L'avocat général a également rappelé les nombreuses versions délivrées par M. Loukil sur "un élément fondamental: l'amplitude horaire de sa sortie du domicile", le soir des faits. "Si cela ne fait pas de lui un coupable, ces troubles mémoriels sont très surprenants", a-t-il ajouté.

Ce soir d'avril, au fond d'une impasse de cette petite commune - 4.000 habitants -, le véhicule de la victime avait essuyé cinq coups de feu, dont l'un, mortel, l'a atteint à la tête, l'autre à l'omoplate.

Rescapé miraculeux, Farouk, seul témoin de l'intégralité de la scène, désigne le tireur, Youssef, et avance un mobile flou et futile: "une guerre des regards".

Plus tôt dans la journée, leurs voitures s'étaient croisées dans le bourg: Clément avec Farouk au volant d'une BMW et Youssef avec son Audi A3, qu'il ne quitte jamais. Les deux amis finissent par stationner définitivement sur un parking au fond d'un cul-de-sac pour discuter et fumer un joint.

Avant les coups de feu, Farouk dit avoir vu à plusieurs reprises l'Audi A3 de M. Loukil, garée à une vingtaine de mètres, puis, peu après, s'avancer très lentement dans leur direction, tirer cinq fois côté conducteur et prendre la fuite.

Une version contestée depuis le début par l'accusé, qui reconnaît être passé sur les lieux, mais une bonne demi-heure avant la fusillade, pour se procurer du cannabis. Lors des coups de feu, il était déjà de retour dans le centre, assure-t-il. L'arme, elle, n'a jamais été retrouvée.

Quant aux résidus de tirs, il a tenté de les justifier par des travaux de mécanique effectués la veille de tirs et par les activités de chasse de son beau-père, qui n'a pourtant jamais été au volant de son Audi A3.

Le verdict est attendu en fin de journée.

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