La Sécurité sociale fête ses 70 ans en grande pompe

Vue extérieure en date du 21 novembre 2014 du siège de la Sécurité sociale à Rennes [Damien Meyer / AFP] Vue extérieure en date du 21 novembre 2014 du siège de la Sécurité sociale à Rennes [Damien Meyer / AFP]

Ministres étrangers, personnalités politiques, syndicats, patronat ou encore historiens sont invités à la "Rencontre nationale", que devait ouvrir la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine et clôturer le président, à la maison de la Mutualité, à Paris.

 

Les célébrations seront légèrement ternies par un mouvement de grève des médecins libéraux, opposés au projet de loi santé de Marisol Touraine, voté le même jour au Sénat.

Plusieurs tables rondes ponctueront la journée, point d'orgue des célébrations à l'oeuvre depuis plusieurs mois, afin de "réfléchir sur le sens et l'avenir de la Sécurité sociale en France et à l'étranger".

Portrait d'archives non daté de Pierre Laroque  [Stf / AFP/Archives]
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Portrait d'archives non daté de Pierre Laroque
 

Les fondements de cette protection sociale, posés par l'ordonnance du 4 octobre 1945 et nés juste après la guerre, n'ont pas changé. Il s'agissait alors, comme aujourd'hui, de garantir "les travailleurs et leurs familles" contre les aléas de la vie, en permettant à chacun de cotiser selon ses moyens et de recevoir selon ses besoins.

Le système solidaire inspiré du Conseil national de Résistance (CNR) et mis sur pied par Pierre Laroque, haut fonctionnaire, et Ambroize Croizat, ministre du travail, n'a pas cessé d'évoluer. Vieillissement de la population, augmentation de l'espérance de vie, croissance du chômage ont nécessité de nombreuses réformes, la solidarité dépassant désormais largement le champ des salariés.

 

La solidarité, 'principe fondateur'

Si pour beaucoup, la Sécu rime avec maladie, elle gère aussi les prestations destinées aux familles, la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles, les retraites et la solidarité en faveur des personnes âgées.

Difficile pour l'Etat de maintenir tous ces postes de dépenses à l'équilibre, d'autant plus que les cotisations s'amoindrissent avec la crise. Résultat, la Sécu est constamment déficitaire depuis 2002.

Le logo de l'Assurance maladie [Fred Dufour / AFP]
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Le logo de l'Assurance maladie
 

Le gouvernement ne manquera pas de rappeler qu'il s'emploie à résorber ce "trou", visant un déficit sous la barre des 10 milliards en 2016. François Hollande pourra ainsi insister sur le redressement des comptes, passés de -21 milliards d'euros de déficit en 2012 à 12,8 milliards en 2015.

Le régime des retraites devrait reprendre des couleurs dès 2016, se retrouvant en léger excédent (500 millions d'euros), grâce au recul de l'âge de départ à 62 ans voté en 2010 et à l'allongement de la durée de cotisaton adoptée en 2014.

Eternel point noir, le déficit de l'assurance maladie s'aggravera en 2015, à -7,5 milliards d'euros. Refusant de piocher dans la poche des assurés via des franchises ou des déremboursements, le gouvernement préfère faire la chasse aux actes inutiles et développer l'ambulatoire, mais le retour à l'équilibre n'est pas prévu avant au moins 2020.

Pas de quoi gâcher la fête pour autant. "La Sécu n'est pas qu'un trou à boucher", avait déjà rappelé Marisol Touraine en mai.

"Alors que certains remettent aujourd'hui en cause cette idée fondatrice en prônant l'affiliation facultative ou en parlant d'assistanat", la solidarité est "un principe fondateur" qui "n'est pas négociable" et constitue "le meilleur rempart à la dislocation", avait-elle martelé.

Pour redonner tout son sens au principe d'universalité sur lequel repose la Sécu et finaliser sa transformation, la ministre a annoncé la mise en oeuvre, dès 2016, d'une protection universelle maladie, consacrant la "résidence stable et régulière" comme unique critère d'ouverture des droits.

Objectif: éviter les trous de couverture en simplifiant l'affiliation des assurés soumis à des démarches compliquées lors d'un changement de situation professionnelle, familiale ou résidentielle.

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