Référendum du PS : en quête d'unité à gauche

Jean-Christophe Cambadélis espère rassembler la gauche Jean-Christophe Cambadélis espère rassembler la gauche [Joel Saget / AFP/Archives]

Les Français de gauche sont appelés à se prononcer, du vendredi 16 au dimanche 18 octobre, sur un éventuel rassemblement en vue des élections régionales.

 

Annoncé en septembre par le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, ce référendum s’adresse à tous les sympathisants, lesquels devront répondre à la question suivante : "Face à la droite et à l’extrême droite, souhaitez-vous l’unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales ?"

L’objectif est clair : rassembler. Une priorité pour la majorité à l’approche des dernières élections du quinquennat. 

 

L’urgence du rassemblement

Depuis plusieurs semaines, Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis multiplient les appels à l’unité. "Il faut que chacun apporte sa pierre pour offrir un espace commun à la nouvelle gauche", affirmait le premier secrétaire le mois dernier dans une lettre ouverte. Jean-Christophe Cambadélis y dénonçait aussi la banalisation de l’extrême droite.

Un phénomène que le PS redoute de retrouver dans les urnes lors des élections de décembre. D’après de récents sondages, le Front national pourrait obtenir de bons scores dans plusieurs régions, en particulier en Nord-Pas-de-Calais- Picardie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Malgré cette menace, la gauche peine à partir groupée. Au grand dam du PS, Europe Ecologie-Les Verts présente en effet des listes communes avec le Parti de gauche, opposées à celles du PS, dans quatre régions sur treize, et des listes indé­pendantes dans la plupart des autres.

 

La désunion responsable d'une éventuelle défaite

Avec ce référendum, les socialistes espèrent donc convaincre les écologistes d’une alliance dès le premier tour.

Pour le politologue Gérard Grunberg, directeur de recherche à Sciences- Po, «c’est aussi un moyen de montrer qu’une éventuelle défaite serait due à la désunion». Désunion dont le PS pourrait alors faire porter la responsabilité aux autres forces de gauche.

 

Un risque politique pour le PS

Mais l’initiative n’est pas sans danger. «Jean-Christophe Cambadélis a pris un risque», explique le chercheur, qui souligne que la participation est loin d’être garantie. Le premier secrétaire, qui misait en septembre sur 300 000 votants, a revu son objectif à la baisse, tablant sur 200 000 personnes.

D’autant que la gauche de la gauche a décidé d’organiser aux mêmes dates un scrutin concurrent. La question posée, "face à la droite et à l’extrême droite, souhaitez-vous que le gouvernement tienne ses engagements et mène une politique de gauche ?", fait référence à l’originale.

Un geste qui écorne l’image d’unité que le PS souhaitait afficher. Car cette course au référendum, à défaut d’avoir un impact sur les régionales, risque selon Gérard Grunberg de "banaliser dans le mauvais sens" une procédure qui peut être intéressante dans d’autres cas. 

 

Vous aimerez aussi

portrait Tout savoir sur Olivier Faure, le futur premier secrétaire du PS
Bientôt sans local, sans chef, et toujours sans ligne politique claire, le PS entend tout remettre à plat.
Politique Le Parti socialiste veut se réinventer
Politique Le Conseil national du PS désigne une nouvelle direction collégiale de 28 membres

Ailleurs sur le web

Derniers articles