Tribunal de Melun : l'avocat Joseph Scipilliti avait-il prémédité son acte ?

Le nom du bâtonnier figure, sous couvert de ses initiales, dès l’introduction de ce livre numérique au format pdf.[Capture d'écran Google Street View]

Avant de tirer sur le bâtonnier du tribunal de Melun puis de se suicider, l’avocat Joseph Scipilliti aurait rédigé un long document, dont la véracité n'a pas encore été prouvée, intitulé «Journal Indélicat».

Un travail visible sur Internet dans lequel il avait notamment relaté le conflit qui l’opposait à Henri Vannier. Le nom du bâtonnier figure, sous couvert de ses initiales, dès l’introduction de ce livre numérique au format pdf. «Je dérangeais trop d’intérêts depuis trop longtemps et l’heure était venue pour le système de sonner l’hallali. Le système s’est incarné en l’occurrence par le nouveau bâtonnier H. V., qui dès avant sa prise de fonction pour les années 2014-2015 avait fait connaître son intention d’en finir avec moi».

A la lecture des premières lignes du document, l’on comprend vite qu'il pourrait s'agir d'un réquisitoire contre l’institution judiciaire, dans lequel Joseph Scipilliti aurait livré ses états d’âme et confié un profond mal-être. «Ce journal décrit une imposture enseignée dans nos écoles et universités, claironnée par nos responsables politiques, pratiquée avec naïveté par les uns, avec hypocrisie par les autres : l’Etat de Droit, et plus précisément ses effets dans la vie quotidienne des avocats». Le chapitre 4, intitulé «Le bâtonnier monarque en son royaume», est consacré au rôle du bâtonnier, qui cristallise l’aversion de Joseph Scipilitti.

«Maintenant, je veux en finir»

Les deux hommes auraient eu maille pour la première fois il y a sept ans. «Dès 2008 les premières frictions entre nous se produisirent. En 2014 il avait pris de l’assurance et décidé d’accrocher un gibier à son tableau de chasse : moi». Joseph Scipilitti rapporterait avoir été la cible de «multiples avanies» de la part d’Henri Vannier.

Faisant l’objet d’une procédure disciplinaire, Joseph Scipilliti affirme dans cet ouvrage avoir été condamné à trois ans d’interdiction professionnelle, dont il tient pour responsable le bâtonnier de Melun. «Je pourrais (...) demander à la Cour d’Appel (…) la nullité de la procédure. Mais je n’en ferai rien. J’ai été trop discrédité, trop piétiné. Maintenant je veux en finir», conclut-il froidement (page 113).

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